
Au cours des sept premiers mois de l'année, les prix ont augmenté moins fort que ce qui était encore envisagé au printemps, a indiqué le Statec jeudi. L’institut national de la statistique a également revu ses prévisions à la baisse.
Les explications sont relativement simples.
Le conflit au Moyen-Orient s’est apaisé en juin. Les prix du pétrole sur les marchés internationaux se situent désormais à un niveau nettement inférieur à celui observé entre mars et juin, lorsque le détroit d’Ormuz était fermé en raison de la campagne américano-israélienne contre l’Iran. Le Brent s’échange aujourd’hui autour de 80 dollars américains le baril, alors qu’il avait atteint un pic de plus de 110 dollars en mai.
La deuxième explication du recul de l’inflation réside dans l’accord tripartite conclu début juin : le gouvernement et les partenaires sociaux se sont mis d’accord sur une série de mesures visant à compenser la hausse des prix de l’énergie. Ces mesures sont entrées en vigueur dès juillet et, pour certaines, le 1er août.
Alors que le Statec tablait encore sur une inflation de 2,5 % pour cette année il y a trois mois, il ne prévoit désormais plus qu’un taux de 1,8 %.
Pour l’année prochaine, en revanche, le Statec anticipe une inflation plus élevée que dans ses prévisions publiées en mai. Cela s’explique par le fait que la hausse des prix de l’énergie n’aura un impact sur le prix de certains produits, notamment les denrées alimentaires, qu’avec un certain décalage. Les droits de douane américains devraient également jouer un rôle à travers leurs effets indirects sur les prix.
En mai, le Statec prévoyait encore le déclenchement d’une tranche indiciaire au deuxième trimestre 2027, c’est-à-dire entre avril et juillet. Après la conclusion de l’accord tripartite, cette prévision a été repoussée d’un trimestre, et cela reste également le cas aujourd’hui.
Pour rappel, le dernier index est encore récent puisqu’il est intervenu en juin. Le Statec avait calculé plusieurs scénarios lorsque le conflit avec l’Iran était à son apogée et que la tripartite était en cours de préparation. Dans le scénario le plus défavorable, trois tranches indiciaires auraient pu être déclenchées entre juin 2026 et septembre 2027.
L’accord de coalition CSV-DP prévoit que, si plus d’une tranche indiciaire devait être déclenchée au cours d’une même année, une tripartite soit réunie afin de décider de mesures visant à compenser la perte de pouvoir d’achat tout en préservant la compétitivité des entreprises.
Dans les circonstances actuelles, cela ne semble toutefois pas nécessaire.
Le Statec reste néanmoins prudent, la situation géopolitique demeurant très incertaine. En cas de nouvelle escalade du conflit au Moyen-Orient et de nouvelle flambée des prix de l’énergie semblable à celle observée au printemps, le déclenchement d’une tranche indiciaire avant la fin de cette année reste possible.