
Le risque d'incendies de forêt comparables à ceux qui embrasent actuellement le sud de l'Europe est faible au Luxembourg, car nous n'avons pas de monocultures, mais bien des clairières, rassurent les spécialistes forestiers luxembourgeois. Un tiers de la superficie du Grand-Duché est couvert de forêts, dont plus de la moitié appartiennent à des propriétaires privés, et la majorité est constituée de feuillus. Ce sont des éléments qui jouent un rôle non négligeable lorsqu'il est question d'éventuels incendies de forêt. Néanmoins, les équipes du CGDIS sont préparées à ce type d'intervention.
Les forêts luxembourgeoises sont magnifiques. Elles couvrent plus de 92.000 hectares de feuillus et de conifères, ce qui peut être d'une grande aide en cas d'incendie, notamment grâce aux nombreuses clairières qui les parsèment. Toutefois, on y trouve aussi beaucoup d'arbres morts. Affaiblis par le manque d'eau, les épicéas sont des proies faciles pour le scolyte. Les responsables de l'Administration de la nature et des forêts expliquent cependant que ces conifères sont particulièrement dangereux lorsqu'ils portent encore leurs aiguilles.
À noter également que l'enlèvement des épicéas morts nécessite une autorisation. Celle-ci est accordée dans le cadre de la procédure dite de coupe d'urgence. Pour l'Administration, une chose est claire : même sur ces parcelles, de la vie subsiste et ces arbres offrent une protection à ce qui poussera ensuite. Le maître mot est ici celui de "forêts résilientes", composées d'un mélange de jeunes et de vieux arbres, d'arbres sains et malades.
Pour le CGDIS, c'est un peu plus complexe. En guise d'exemple, on peut citer l'incendie survenu dans un champ à Consdorf, qui a mobilisé pas moins de 75 pompiers début juillet. Ce qui rendait la situation préoccupante, c'est que le feu s'était propagé à la forêt et avait commencé à brûler le sous-bois ainsi que les arbres. Les feuillus brûlent moins facilement, tandis que les forêts de conifères s'embrasent beaucoup plus rapidement.
Les épicéas qui ont été infestés par le scolyte représentent naturellement un certain risque. Toutefois, il existe une réglementation qui impose leur enlèvement afin de stopper la propagation du parasite et à cause du risque d'incendie, explique Paul Schroeder, directeur général du CGDIS. Malgré cela, il subsiste partout des épicéas morts.
"Nous sommes équipés", assurent les responsables du CGDIS. Les pompiers de Lintgen nous présentent leurs trois véhicules spécialement conçus pour intervenir en forêt. Vingt-cinq des quelque cent centres d'intervention du pays, en sont dotés. Tous ont reçu pour consigne d'être prêts pendant toute la période estivale. Ils disposent de pneus adaptés à la circulation sur terrain difficile et, selon les besoins, peuvent également transporter davantage d'eau. Selon le directeur général du CGDIS, il est plus compliqué d'acheminer celle-ci à la campagne qu'en ville, où il suffit de se brancher à une conduite. Il est toutefois possible de transporter jusqu'à 10.000 litres d'eau à l'aide de camions-citernes.
Les chemins forestiers sont généralement en bon état et il n'est pas nécessaire d'aménager des pare-feux, affirme le chef du CGDIS. Ce qui reste essentiel, c'est l'appel adressé à tous les propriétaires forestiers afin qu'ils entretiennent correctement leurs parcelles et prennent soin de leur propriété.