
Jean-Paul Reiter, directeur de la Direction de l’immigration du ministère de l’Intérieur, a été entendu lundi comme suspect dans l’enquête sur une affaire d’immigration illégale.
L’information a été confirmée par le député écologiste Meris Sehovic après une réunion de la commission parlementaire compétente : "Une des informations que nous avons reçues est que le directeur de l’Immigration a également été entendu comme suspect dans cette affaire."
"Ce qui nous a été communiqué ce matin, c’est que la première lettre anonyme de janvier 2023 était adressée au directeur et que c’est également le directeur lui-même qui a ensuite effectué la première dénonciation", a déclaré Meris Sehovic. Il y aurait donc eu deux courriers anonymes. L’un adressé au directeur à la fin de 2022 / au début de 2023. Et un autre au printemps de l’année dernière, donc en 2025.
Après la réunion, Léon Gloden a précisé : "Celui-ci est daté du 31 mars, envoyé par un soi-disant groupement de journalistes, qui n’est toutefois pas signé, avec une adresse dans la rue d’Arlon. Je l’ai reçu le 1er avril. Et ensuite, nous avons immédiatement dénoncé les faits au parquet. Une perquisition a alors été menée directement."
Le fait qu’il ait été alerté par un courrier anonyme, et non par ses propres fonctionnaires, le ministre l’a expliqué ainsi : "Nous ne savions effectivement pas non plus — cela a d’ailleurs été clairement dit ici par les fonctionnaires — nous ne connaissons toujours pas aujourd’hui réellement l’ampleur de l’affaire. On a toujours pensé que nous étions un petit élément d’une affaire plus vaste. C’est également ce que M. Reiter a clairement dit ici : il avait lui aussi reçu l’information selon laquelle nous étions une petite partie d’une affaire beaucoup plus importante. C’est pourquoi cela ne m’a pas particulièrement surpris."
Une autre chose sur laquelle le ministre Léon Gloden aurait insisté, selon Meris Sehovic, est "que l’un des trois agents de l’État inculpés part du principe que deux d’entre eux seraient sous sa responsabilité, tandis que pour le troisième, il ne saurait pas s’il s’agit d’un agent relevant de son ministère ou d’un autre".
Le ministère de l’Enseignement supérieur, où des perquisitions avaient également eu lieu la semaine dernière, avait communiqué le même jour que le parquet qu’aucun de ses collaborateurs n’était inculpé. À ce moment-là, le compteur s’élevait à 25 personnes inculpées.
Mais par la suite, trois personnes supplémentaires ont été présentées aux juges d’instruction et inculpées. Le ministère de l’Enseignement supérieur confirme toutefois mardi, en réponse à une demande de RTL, qu’aucun de ses collaborateurs n’est inculpé.
Le parquet avait également souligné, dans son communiqué publié la semaine dernière au sujet de l'affaire, certaines faiblesses administratives. Il s'agirait principalement de l'absence de contrôles, ou de possibilités de contrôle, concernant l'inscription au registre des habitants des communes. Selon le parquet, cette faiblesse aurait été exploitée dans le cadre de l'affaire actuelle afin de fournir, contre rémunération, des adresses fictives. À l'issue de la réunion de la commission, mardi matin, la bourgmestre de la Ville de Luxembourg, Lydie Polfer, a toutefois refusé de laisser cette affirmation sans réponse. Selon elle, la Ville de Luxembourg procède depuis plusieurs années à des contrôles conséquents :
"Lorsqu'une personne souhaite se déclarer à une adresse, elle doit présenter soit un bail prouvant qu'elle loue un logement, soit une attestation du propriétaire indiquant qu'il accepte qu'elle réside chez lui, soit la preuve qu'elle est elle-même propriétaire. Nous disposons également d'une machine permettant de vérifier si les documents présentés, notamment les cartes d'identité, sont authentiques. Et lorsque nous constatons des falsifications, nous alertons systématiquement la police. Cette année, cela s'est déjà produit à sept reprises et, dans quatre cas, nous avons également transmis le dossier au parquet."
La bourgmestre a ajouté qu'il n'était pas non plus anormal que des douzaines de personnes soient enregistrées à une même adresse, dès lors qu'il existe des résidences comptant plus de vingt appartements.