"Trop de béton, pas assez d'arbres"Le LSAP de Luxembourg-ville veut utiliser l'espace public autrement

Fanny Kinsch
adapté pour RTL Infos
Les espaces publics de la capitale doivent être utilisés différemment : les vagues de chaleur de cet été en sont une illustration particulièrement frappante, ont déclaré le responsables du LSAP de Luxembourg-ville lors d'une conférence de presse jeudi matin.
© Fanny Kinsch

Il y a trop de béton en ville, pas assez d'ombre, pas assez d'endroits où se reposer, et cela résulte de choix politiques, selon Maxime Miltgen, conseillère municipale et coprésidente du LSAP.

La ville a besoin de plus de toits et d’arrêts de bus végatélisés, de cours d’eau renaturés et de piscines publiques en plein air.

"Surtout, ces lieux ne doivent pas être uniquement axés sur la consommation. Tous les espaces ne doivent pas nécessairement être des terrasses de café.

Des lieux où les gens se retrouvent. Gratuits pour tous. C’est cela, la cohésion sociale ; c’est cela, la justice sociale. Car des espaces publics de qualité réduisent le stress thermique, améliorent la qualité de l’air, renforcent la cohésion sociale et rendent la ville plus agréable à vivre"

Maxime Miltgen (LSAP)
Barcelone, Paris, Copenhague, Vienne, Utrecht : les exemples de villes qui mettent en œuvre une approche urbaine plus durable sont nombreux. À Luxembourg-Ville, par exemple, l’accent a été trop mis sur les installations temporaires pour le salon du jardinage LUGA.
La conférence de presse organisée par la section locale du LSAP s'est tenue en plein air sur le boulevard Charles Marx, près de la gare – un site qui, selon le parti, pourrait faire l'objet d'un réaménagement. Les habitants du quartier de la Gare manquent d'espaces verts publics où se retrouver, car la partie basse de la Pétrusse est fermée depuis un an, selon le député LSAP Franz Fayot.

"Il y a déjà une allée bordée d’arbres derrière, au début du boulevard Marx, qui offre déjà de l’ombre, et avec un peu d’imagination, on pourrait la prolonger jusqu’à la rue de Strasbourg et y créer une jolie place avec des arbres, une aire de jeux, un endroit où les gens pourraient promener leurs chiens, en remplacement temporaire de la partie basse de la Pétrusse".

Le terrain appartient en grande partie à la ville et à l’État. Actuellement, la zone pose problème, car elle est fréquentée par des trafiquants de drogue. Si le quartier était aménagé différemment, cela permettrait également de lutter contre ce phénomène. Les citoyens devraient également être impliqués dans un tel projet.

Quoi qu’il en soit, selon Jeff Van Luijk, le conseil municipal DP-CSV ne sollicite pas suffisamment l’avis des citoyens: "colère, frustration, incompréhension : telles sont les réactions que l’on a pu lire dans la presse ces dernières semaines au sujet du plan de verdissement de la bourgmestre et de l’initiative 'Mon quartier, mon espace'. Cela s’explique par le fait qu’ici, en ville, on parle souvent aux citoyens sans les écouter, plutôt que de dialoguer avec eux. Les décisions sont imposées d’en haut par la 'Iron Lydie', ou la 'Lydie de fer', au lieu d’être élaborées ensemble".

Grâce à des panels de citoyens dont les membres sont sélectionnés au hasard, les citoyens pourraient être davantage impliqués. Les socialistes de Luxembourg-ville ont alors vivement critiqué le plan de verdissement de la capitale qu'ils ont qualifié de "pas encore tout à fait au point". Dans certains cas, des lieux avaient été choisis alors qu’ils étaient déjà verts de toute façon ; dans d’autres, il était d’ores et déjà évident qu’ils seraient utilisés différemment d’ici quelques années.

Avec les nouveaux quartiers actuellement en cours de planification dans la capitale, il faut penser différemment dès le départ. Les espaces verts doivent être intégrés et, par exemple, il faut prévoir davantage d’avenues et d’aires de jeux plus vertes, selon l’urbaniste et président des Socialistes de Luxembourg-ville, Olivier Bichel.

"Laangfur, Kuebebierg, Nei Hollerech, la Rue Verte : autant d’occasions pour la capitale de nous montrer qu’elle s’inspire de son nouveau concept, qu’elle l’intègre et qu’elle offre enfin des espaces publics de qualité, adaptés au XXIe siècle"

Olivier Bichel
Le LSAP est favorable à une densification accrue, mais aussi et surtout pour une densité plus verte.
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