
Ce qui change aujourd’hui, explique le directeur général du CGDIS dans l’interview accordée vendredi matin à RTL, c’est la fréquence et l’intensité de ces phénomènes, qui augmentent nettement.
Des feux comme ceux observés en Méditerranée ne sont pas à craindre de manière immédiate au Luxembourg, en raison d’une végétation différente et plus variée. On constate toutefois une évolution : le risque de feux de forêt, longtemps associé au sud de l’Europe, remonte progressivement vers le nord.
Sur le terrain, le Luxembourg s’est renforcé ces dernières années en matière de lutte contre les incendies de forêt, même si des progrès restent nécessaires. Investir dans des avions ou des hélicoptères bombardiers d’eau n’est pas une priorité à ce stade, avait déjà indiqué Paul Schroeder. Vendredi, il nuance : "never say never" ("ne jamais dire jamais", NDLR). Le pays doit évaluer le coût financier et l’effort de formation que nécessiteraient ces moyens, au regard du risque réel.
Le Luxembourg bénéficie par ailleurs d’une situation particulière : la société Aquarius, basée dans le pays, dispose d’avions de lutte contre les feux. Ils sont souvent stationnés ailleurs pendant la saison, mais il serait possible d’en louer un en cas d’urgence. Schroeder rappelle aussi que de nombreux feux se combattent depuis le sol, sans forcément recourir à des moyens aériens.
Les équipes du CGDIS ont également été très sollicitées par les vagues de chaleur, multipliant les interventions pour aider la population. Là aussi, des améliorations sont envisagées : disposer de suffisamment de personnel, adapter les conditions de travail dans les centres pour permettre aux pompiers de récupérer malgré les fortes températures. Les véhicules ont eux aussi souffert de la cadence des interventions, certaines climatisations étant tombées en panne.