Rapport de l'Ombudsman"Le système actuel n'est pas adapté aux besoins et revendications" des détenues

Claudia Kollwelter
traduit pour RTL Infos
Le deuxième rapport sur la situation des femmes en prison, rédigé par l'Ombudsman Claudine Konsbruck, a été présenté lundi matin.
Entrée du Centre pénitentiaire de Schrassig
© Domingos Oliveira

La situation des femmes en prison laisse à désirer

Les femmes sont minoritaires dans les prisons au Luxembourg, elles n’ont ni voix ni lobby, et c’est pourquoi le système actuel n’est pas adapté à leurs besoins et leurs revendications”, a déclaré l’Ombudsman, Claudine Konsbruck, lundi matin lors de la présentation du deuxième rapport sur la situation des femmes en prison.
Symboliquement, le rapport a été présenté à la presse au Naturmusée, le Musée national d’histoire naturelle, dans le Grund, où se trouvait la prison pour femmes jusqu’en 1984. Lorsque la prison de Schrassig a ouvert, les détenues y ont été transférées. Aujourd’hui, les femmes représentent environ 10% de la population carcérale à Schrassig (31 femmes début janvier) et à Givenich (7 femmes). Comme elles représentent une minorité, elles n’ont pas vraiment de voix, déplore Claudine Konsbruck. Pour élaborer le rapport, de nombreux entretiens ont été menés l’an dernier, tant avec des détenues qu’avec le personnel et les autorités compétentes. Le rapport final contient 57 recommandations.

Il faut améliorer les conditions de vie

Alors que les conditions de vie des hommes à Schrassig se sont améliorées avec l’ouverture du centre pénitentiaire d’Uerschterhaff, ce n’est malheureusement pas le cas pour les femmes, souligne l’Ombudsman. Le bloc F de Schrassig, où les femmes sont hébergées, est vétuste et devrait être rénové en priorité. Il faut ajouter à cela que, sur les 48 places disponibles dans ce bloc, seules six sont des cellules individuelles ; les autres femmes sont logées à deux ou trois par cellule.

Un autre problème est qu’aucune distinction n’est faite entre les profils des détenues : les condamnées, les personnes en détention provisoire et les mineures sont toutes regroupées dans le même bloc. Cela entraîne clairement des tensions, explique Claudine Konsbruck, qui souligne que les profils des hommes, eux, sont bien séparés.

Les ateliers pour les femmes sont complètement obsolètes

Une autre recommandation du rapport concerne les ateliers en prison. À Schrassig, 10 à 12 femmes peuvent travailler chaque jour dans des ateliers. Cependant, le choix proposé – repasser, laver et coudre – n’est plus adapté à l’époque, pour ne pas dire complètement obsolète. De plus, avec ce type de formation, il est difficile de trouver un emploi à la sortie de prison.

L’Ombudsman souhaite que la direction de la prison de Schrassig propose des activités plus diversifiées et plaide également pour la mixité. A Givenich, il existe déjà des ateliers mixtes où femmes et hommes peuvent suivre une formation, par exemple en jardinage ou en cuisine, et la mixité dans ces ateliers fonctionne bien, selon le rapport.
Il est également important que le travail effectué par les détenues soit reconnu et certifié.

Les améliorations pour les femmes se font attendre

Depuis le premier rapport sur la situation des femmes en prison, peu de choses ont changé, a-t-il été souligné lors de la présentation du rapport lundi matin. On est conscient que, compte tenu du faible nombre de détenues, il est difficile de trouver un bloc adapté, mais des changements sont nécessaires. Pendant longtemps, on s’est rassuré en disant qu’avec l’ouverture d’Uerschterhaff, tout s’améliorerait. Ce n’est toutefois pas le cas pour les femmes. A l’époque, il a été décidé pour des raisons logistiques que les femmes ne seraient pas transférées au centre pénitentiaire d’Uerschterhaff à Sanem, car il était plus simple de maintenir la séparation à Schrassig.

Jeudi d’ailleurs, le projet de loi 7869, qui prévoit des ajustements dans le fonctionnement de l’administration pénitentiaire et dans l’exécution des peines, sera soumis au vote des députés. Ce projet de loi s’appuie sur la réforme de 2018.

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