
Le temps sec et chaud des dernières semaines a également un impact sur le travail des viticulteurs. Cette année, les vendanges pourraient ainsi commencer dès la fin du mois d’août. La quantité récoltée devrait être relativement faible, mais la qualité s’annonce bonne. Voilà ce qu’a déclaré lundi matin Jeff Konsbrück, président des Vignerons privés luxembourgeois, sur RTL. Le secteur viticole est par ailleurs confronté à plusieurs défis. La recherche de travailleurs saisonniers devient de plus en plus difficile, tandis que le nombre d’exploitations ainsi que la consommation d’alcool sont en recul.
Les Vignerons privés luxembourgeois comptent une soixantaine de membres. Parmi eux figurent toutefois aussi des producteurs qui vendent uniquement leurs raisins, de sorte qu’il reste entre 45 et 50 membres produisant encore du vin. Si le nombre d’exploitations diminue, celles qui subsistent deviennent plus grandes. Cependant, il n’est pas du tout évident d’entretenir ces surfaces, explique Jeff Konsbrück, pour qui le secteur a considérablement changé en l’espace d’une génération.
"Il faut alors davantage de personnel ou recourir davantage à la mécanisation. Les exploitations ont déjà beaucoup grandi. À l’époque de mon père, les domaines viticoles familiaux des vignerons privés comptaient entre 5 et 8 hectares. Aujourd’hui, on est facilement à 10 ou 12 hectares, et parfois bien davantage. Je connais de nombreuses exploitations de vignerons privés qui dépassent désormais les 15 hectares."

En ce qui concerne les vendanges, le travail est de plus en plus mécanisé. Toutefois, pour la production de crémant, la récolte des raisins doit obligatoirement être effectuée à la main. Selon les vignerons, il en va également ainsi pour certaines autres variétés de raisins.
Les travailleurs saisonniers sont de plus en plus difficiles à trouver et viennent de régions toujours plus éloignées, principalement de Roumanie, mais aussi parfois d’Ukraine. Il arrive que cette situation entraîne des problèmes de langue, car ces travailleurs, contrairement à ceux venus de Pologne, parlent souvent peu ou pas du tout l’allemand. Dans ce contexte, le secteur se réjouit de l’arrivée prochaine de simplifications administratives pour l’embauche des travailleurs saisonniers. Parmi celles-ci figure notamment le fait qu’ils ne devront plus passer une visite auprès d’un médecin du travail au Luxembourg. Un certificat médical délivré par un médecin de leur pays d’origine suffira désormais. Les représentants du secteur regrettent toutefois que ces changements ne s’appliquent pas dès cette année. Ils comprennent aussi difficilement pourquoi la Chambre d’agriculture a eu besoin d'attendre le 16 juillet pour rendre son avis sur ces modifications.
La baisse globale de la consommation d’alcool constitue un défi pour le secteur. Le vin sans alcool reste néanmoins un produit de niche, et ce pour plusieurs raisons.
"Tout d’abord, nous, les vignerons, ne maîtrisons pas encore vraiment ce sujet. C’est là que le bât blesse. Il existe aujourd’hui de nouveaux procédés de fabrication, notamment avec la récupération des arômes, car lorsqu’on distille, on perd des arômes, mais il existe désormais des techniques permettant de les récupérer. Et c’est un peu comme demander à un cuisinier de cuisiner sans sel : l’alcool est un vecteur de goût, et il est donc plus difficile de compenser son absence par la suite. Souvent, on compense en ajoutant du sucre, ce qui n’est pas forcément la solution la plus saine à mes yeux."
Les consommateurs accordent également de plus en plus d’importance à la qualité du vin. Selon Jeff Konsbrück, les producteurs luxembourgeois n’ont pas à rougir de la comparaison avec l’étranger : le rapport qualité-prix des vins luxembourgeois est tout à fait compétitif.
Jeff Konsbrück estime par ailleurs qu’il existe encore un potentiel de développement concernant les gîtes que les viticulteurs sont autorisés à exploiter. Il souhaiterait qu’une exploitation puisse construire davantage qu’un ou deux gîtes et que des constructions de plus grande taille soient également autorisées.