Le document est pourtant prêtLes psychothérapeutes guère pressés de signer une convention avec la CNS

Claude Zeimetz
adapté pour RTL Infos
Les psychothérapeutes travaillent depuis maintenant quatre ans sur la base d’un règlement ministériel.
© René Pfeiffer / RTL

Dans le conflit qui oppose les médecins à la Caisse nationale de Santé, le monde politique ne cesse de souligner l’importance du système de médecine conventionnée au Luxembourg. Et ce, alors que les conventions entre l’AMMD, l'Association des médecins et médecins-dentistes, et la CNS arriveront très probablement à échéance à la fin de ce mois et que les remboursements devront alors être gérés par voie de règlement.

Les psychothérapeutes travaillent déjà depuis quatre ans sur la base d’un règlement ministériel. Et cela fonctionne plutôt bien. La Fapsylux, la Fédération des associations représentant des psychothérapeutes au Luxembourg, n’est donc pas particulièrement pressée de signer la convention avec la CNS, bien que celle-ci soit prête à être signée.

Et cela ne date pas d’hier : la situation dure désormais depuis deux ans. Officiellement, la CNS indique que le document doit encore être examiné en interne par son service juridique. Un examen qui semble manifestement prendre beaucoup de temps.

Le trésorier de la Fapsylux, le psychothérapeute Alain Massen, explique :

"Pour l’instant, nous n’avons reçu aucune nouvelle information dans cette affaire. Nous avions encore demandé des nouvelles avant l’été, et on nous avait alors répondu que cela durerait encore. Nous allons maintenant voir comment évolue la situation avec l’AMMD, puis nous aviserons. Depuis, nous n’avons reçu aucun nouveau message. En tout cas, moi, je n’en ai reçu aucun."

Question de relance de RTL : "En tant que Fapsylux, vous ne faites donc pas forcément pression pour que les choses avancent maintenant ?"

"Nous avons tout négocié. Nous avions trouvé une voie d’entente avec la CNS. Par la suite, nous avons souvent demandé [où en était le dossier]. Rien ne vient. Nous disposons d’un règlement avec lequel nos membres peuvent travailler. Dans ce contexte, nous n’allons donc pas courir après cette convention. Si une proposition nous parvient maintenant de leur part, nous devrons à nouveau en discuter, puis nous verrons."

Le règlement accorde une certaine liberté aux psychothérapeutes, qui sont reconnus légalement depuis 2015. Alain Massen tient toutefois à éviter toute mauvaise interprétation de ses propos dans le contexte politique tendu actuel. Lors de l’interview, il a souligné que la Fapsylux ne remettait pas pour autant en question, sur le principe, la convention négociée.

"La convention présente aussi des avantages. Je ne dirais donc pas que nous ne voulons pas de convention."

Le PID applicable uniquement avec une convention ?

Une convention permettrait, par exemple, de garantir un certain contrôle de qualité et aux patients de régler les factures par l’intermédiaire du PID, le paiement immédiat direct. Jusqu’à présent, la Fapsylux s’est toujours entendu dire que cela n’était possible qu’avec une convention.

"Il sera dès lors très intéressant de voir ce qui se passera si la convention des médecins arrive maintenant à échéance ou si elle est remplacée : est-ce que le PID (paiement immédiat direct) sera supprimé, ou est-ce que, tout à coup, cela deviendra finalement possible ? Et si c’est effectivement possible, nous demanderons bien entendu que cela le soit également pour nous. Nous aurions alors au moins clarifier ce point, même sans convention."

Les relations entre la Fapsylux et la CNS n’ont jamais été simples

Les discussions entre la fédération des psychothérapeutes et la Caisse nationale de Santé sont loin d’être nouvelles. En 2022, le ministre de la Sécurité sociale de l’époque, Claude Haagen, avait fini par perdre patience face à l’incapacité des deux parties à s’accorder sur le tarrif d'une séance, même après plusieurs années. Il avait alors fixé lui-même un montant par voie de règlement. Ce tarif n’était dès lors plus sujet à négociation.

Ces dernières années, le tarif a augmenté avec l’indexation, mais il reste toujours inférieur aux 175 euros de l’heure que la fédération des psychothérapeutes avait réclamés à l’issue des difficiles négociations avec la CNS.

"Nous nous réjouissons de chaque psychothérapeute qui s’installe au Luxembourg"

La grande crainte qu’avait autrefois la CNS de voir le Luxembourg submergé de psychothérapeutes si les séances pouvaient être facturées à un tarif élevé, ne s’est en tout cas pas concrétisée, constate aujourd’hui Alain Massen. Au contraire, chaque psychothérapeute qui s’installe au Grand-Duché est le bienvenu.

"Nous n’arrivons pas à suivre la demande. Beaucoup de mes collègues n’acceptent actuellement plus aucun nouveau patient. C’est d’ailleurs indiqué sur leur site Internet."

Pour un patient, le délai d’attente pour obtenir un premier rendez-vous en psychothérapie est toujours de six mois en moyenne. La situation n’est donc pas meilleure que chez les psychiatres, où ce problème existe déjà depuis des années, selon Alain Massen. Et cela à une époque où la santé mentale occupe une place de premier plan, notamment en ce moment dans le cadre de la "Semaine de la santé mentale".

Back to Top
CIM LOGO