Sa devise, "Let’s Do It - Arméi", lui sert de ligne directrice et repose sur quatre axes : la diversification, l’opérationnalité, l’intégrité et les technologies. C’est précisément pour cela que l’armée a besoin de nouveaux talents et de profils variés afin de continuer à développer ses capacités.
Parallèlement, dans le cadre de cette croissance, l’armée doit rester fidèle à sa culture et à ses valeurs. "L’intégrité est extrêmement importante lors de l'introduction de nouvelles capacités".
Le nouveau chef de l’armée décrit "la disponibilité opérationnelle", cette faculté d'être toujours prêt à intervenir, comme "un défi permanent". Outre l’entraînement quotidien, les doctrines, l’organisation, le matériel et les infrastructures doivent également continuer à évoluer. Ces différents éléments doivent fonctionner ensemble pour permettre à l’armée de remplir ses missions. C’est surtout "dans le domaine des infrastructures qu’il reste du retard à combler". "Chez nous, cela prend relativement longtemps. Nous sommes plus rapides lorsqu’il s’agit d’acquérir du matériel, et également plus rapides en matière de formation. Mais tout cela doit aller de pair. Si nous ne pouvons pas loger le personnel ni mettre le matériel à l’abri, nous avons un problème."
Les munitions constituent elles aussi un élément déterminant de la disponibilité opérationnelle. Dans ce contexte, le général a fait référence à un projet de loi sur les munitions qui a été déposé. Sans les munitions nécessaires, les véhicules déjà commandés ne pourraient pas remplir leur fonction.
Le Luxembourg a-t-il besoin de sa propre industrie de la défense ? Des "armes made in Luxembourg" ? À ce sujet, le général estime que "le Luxembourg doit apporter sa contribution, sans pour autant devoir nécessairement produire des armes sur son territoire".
Aujourd’hui déjà, des entreprises luxembourgeoises travaillent comme fournisseurs pour de plus grandes entreprises. "Cette participation aux chaînes d’approvisionnement pourrait renforcer la résilience et contribuer aux capacités de défense européennes".
Pour le chef de l’armée, une chose est claire : "La défense ne fonctionne pas sans l’industrie."
Claude Robinet n’a pas souhaité se prononcer sur la question de savoir si le rôle d’observateur de l’armée au sein de la cellule d’évaluation lors des incidents impliquant des drones au Findel était suffisant, puisqu’il n’y avait pas encore été personnellement impliqué. Il a toutefois souligné que "les drones ne connaissent ni frontières physiques ni frontières institutionnelles. Les ministères et administrations compétents doivent donc travailler en étroite collaboration".
Que se passe-t-il lorsqu’un drone est considéré comme hostile ? Avant toute intervention, le drone doit d’abord être détecté et identifié. Ce n’est qu’après avoir évalué sa dangerosité qu’une décision peut être prise quant à une éventuelle action. Les règles et directives en vigueur, ainsi que les éventuels dommages collatéraux, doivent également être pris en compte.
L’armée a en tout état de cause pour première obligation de protéger ses propres infrastructures militaires. Pour la protection d’autres infrastructures critiques du pays, comme l’aéroport, elle a une fonction de soutien aux côtés des autorités civiles compétentes.
La défense aérienne doit être envisagée en plusieurs couches, à l’image des différentes pelures d’un oignon, depuis le sol jusqu'en altitude. Dans ce domaine, chaque pays doit apporter sa contribution dans le cadre de l’OTAN, y compris le Luxembourg. Il faut également assurer la protection de son propre personnel et de son matériel sur le terrain. Des mesures ont déjà été prises pour garantir cette protection directe.
L’Armée luxembourgeoise manque toutefois encore d’expérience pour mettre en place une défense aérienne et antimissile. Claude Robinet mise donc sur la coopération avec les pays partenaires. Une étude est déjà en cours. Il faudra ensuite élaborer des concepts, acquérir du matériel et former du personnel. Le système retenu devra être compatible avec ceux des alliés.
Il faudra plusieurs années avant de disposer d’une capacité opérationnelle. Outre les longs délais de livraison du matériel et des munitions, ces missions, particulièrement exigeantes sur le plan technique, nécessitent également des profils de personnel adaptés.
Le bataillon de combat commun avec la Belgique doit apporter davantage de mobilité, de puissance de feu et de protection. Outre la caserne du
Härebierg à Diekirch, un état-major est également prévu à Arlon, ainsi que des infrastructures logistiques à Sanem, dans le sud du Luxembourg. "Cela signifie que les emplois seront également répartis à travers le pays, ce qui rend bien sûr l'attractivité plus intéressante aussi."
Le matériel destiné au bataillon binational devrait être livré en 2028 et les premiers militaires s'entraîneront alors immédiatement avec celui-ci. "Ce matériel doit toutefois répondre à certaines normes de sécurité en matière de stockage. Et pour cela, nous avons à nouveau besoin d’infrastructures", explique le général Claude Robinet.