LuxembourgLes syndicats réclament un cadre légal pour les livreurs

Marlène Clement
adapté pour RTL Infos
Les conditions de travail des livreurs, qui livrent chaque jour des repas par tous les temps, sont problématiques. L’OGBL et le LCGB qualifient ces conditions d'inacceptables.
Un livreur Wolt au travail
Un livreur Wolt au travail
© JAKUB PORZYCKI/NurPhoto via AFP

Se commander rapidement quelque chose à manger, confortablement depuis chez soi, à n’importe quel moment : avec les plateformes de livraison, c’est tellement simple aujourd'hui. Vendredi dernier, des chauffeurs de la plateforme de livraison Wolt ont cessé le travail en raison d’une dégradation des tarifs. Une première entrevue a eu lieu lundi entre des représentants des livreurs et les syndicats OGBL et LCGB, qui dénoncent des conditions de travail inacceptables.

Les chauffeurs qui travaillent pour la plateforme de livraison n’ont ni véritable contrat de travail ni couverture sociale. Ils travaillent entre 12 et 14 heures par jour, selon l’un des livreurs de Wolt interrogé par RTL. Par crainte de perdre leur emploi, ils souhaitent rester anonymes. S'ils travaillaient sept jours sur sept, ils pourraient, dans le meilleur des cas, atteindre 3.000 euros brut par mois. Mais les conditions se sont encore dégradées récemment. Les tarifs ont baissé de 30 à 40 %, estiment les chauffeurs concernés.

Chaque commande ne rapporte plus au chauffeur qu’environ six à sept euros. Mais au final, il ne reste presque rien. En effet, il faut encore déduire les impôts, la sécurité sociale, l’essence et l’entretien de leurs véhicules. Le fait qu’il reste de moins en moins aux chauffeurs serait en grande partie lié aux sous-traitants, soulignent les syndicats.

Il y a de plus en plus d’intermédiaires qui travaillent pour une plateforme et qui emploient eux-mêmes des personnes qui, ne s’en sortent pas bien. Ces dernières doivent souvent céder des pourcentages très élevés aux sous-traitants. Des gens sont également recrutés dans des structures pour réfugiés et travaillent ensuite sans statut, explique David Angel de l’OGBL. Dans certains cas, des “méthodes mafieuses” seraient utilisées. Les plateformes se dissimulent derrière ces sous-traitants et se déresponsabilisent ainsi, reprochent les syndicats.

La prochaine étape sera d’engager des discussions avec le ministre du Travail, Marc Spautz, ainsi qu’avec la société Wolt, précise Tiago Afonso du LCGB.

La revendication adressée aux responsables politiques est claire : le secteur doit enfin être réglementé. C’est également ce que réclame déi Lénk dans un communiqué. Le parti rappelle qu’il a déposé une proposition de loi en ce sens à la Chambre des députés.

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