
"Fir d'Leit, fir Opschwong", "Pour les citoyens, pour la relance" : tel est l'intitulé du projet de budget pour l'année 2027, que le ministre des Finances Gilles Roth a déposé et présenté mercredi matin à la Chambre des députés.
Alors que Gilles Roth parlait encore l’an dernier d’une année 2026 difficile, il se dit "prudemment optimiste" pour 2027. Il s’agit d’investir dans les citoyens, dans les entreprises et dans l’avenir. Il a répété jeudi matin sur RTL qu’il s’agissait d’une dette que le pays pouvait supporter.
L’indexation des salaires a notamment été abordée. Sur ce point, il entend s’en tenir au programme de gouvernement. L’index est gravé dans le marbre. Il n’existe actuellement aucune majorité en faveur d’un plafonnement de l’index, selon le ministre des Finances, et la question n’est donc pas à l’ordre du jour. "L’index fait partie du modèle social luxembourgeois et ne sera dès lors pas remis en question". Il contribue à "la paix et à la cohésion sociales".
Les annonces du ministre concernant l’impôt sur le revenu des collectivités ont également suscité l’intérêt des auditeurs de RTL. Pourquoi, par exemple, le petit boulanger paie-t-il à peine moins d’impôts que les grandes multinationales qui réalisent d’énormes bénéfices ? C’est une question légitime, estime Gilles Roth. Mais si le Luxembourg devenait un pays à forte fiscalité pour les grandes entreprises, il ne parviendrait pas à les retenir : "trop d’impôt tue l’impôt", a déclaré le ministre des Finances. Pour 2026 et 2027, 8,5 milliards d’euros de recettes provenant de l’impôt sur le revenu des collectivités sont prévus. Ces recettes sont importantes et c'est pourquoi il faut veiller à ce que le pays reste attractif.
Concernant le "Housing Bond" annoncé, les particuliers devraient pouvoir y souscrire à partir de janvier 2027. Il s’agira d’un emprunt d’État de 300 millions d’euros probablement, au moyen duquel l'État souhaite financer la construction de logements abordables. L’investisseur qui prête de l’argent à l’État ne devra pas acquitter la retenue à la source de 20 %. Gilles Roth estime que cet emprunt sera très rapidement souscrit.
Pourquoi, dès lors, ne pas également instaurer une retenue à la source sur les plus-values réalisées sur les actions ? Il est désormais prévu que ces plus-values ne soient plus exonérées d’impôt après six mois de détention, mais seulement après un an. Des membres de l’opposition ont estimé que cette mesure n’allait pas assez loin, tout comme plusieurs auditeurs.
"Mon imagination n’a pas de limites dans ce domaine", a répondu Gilles Roth. Il pourrait envisager d’aller encore plus loin et souhaite voir comment la Chambre et les différents partis se positionnent sur la question. La décision ne lui appartient pas à lui seul, mais pour Gilles Roth, une retenue à la source sur les plus-values boursières n’est pas un tabou.