Projet de budget 2027L'opposition critique l'absence de stratégie politique et le creusement de la dette

Carine Lemmer
adapté pour RTL Infos
Mercredi matin, le ministre des Finances Gilles Roth a présenté le projet de budget pour l'année 2027. C'est à présent aux partis représentés à la Chambre de réagir.
© Tom Zeimet

"Où est cette relance ?", s’interroge Sam Tanson, élue des Gréng. À regarder les chiffres, on constate un déficit jusqu’à la fin de la législature et la dette augmente encore fortement. En 2028, la dette publique dépassera les 29 % du PIB.

L’ADR et Fred Keup ont employé des termes encore plus directs. La politique de baisse des impôts du gouvernement CSV-DP conduit le pays à un niveau d’endettement jamais atteint auparavant. Il y a encore plus de dette et de déficit que sous la coalition DP-LSAP-Gréng. C'est une orientation qui n'est bonne ni pour le pays ni pour la population, selon le parti d'opposition.

Le LSAP souligne le fait que dépenser beaucoup d’argent ne constitue pas, en soi, une stratégie politique. La présidente du groupe parlementaire, Taina Bofferding, a déclaré ne pas discerner de ligne directrice claire. Le logement, par exemple, est "la mère de toutes les crises" au Luxembourg. Or aucune nouvelle mesure n’a été annoncée. L’argent ne suffit pas non plus à lui seul. Il faut également adopter des lois permettant, par exemple, de mettre fin à la spéculation.

Déi Lénk souligne qu’un grand nombre de mesures sociales sont dues au paquet de résilience et aux syndicats. Le gouvernement devrait donc moins s’en attribuer le mérite. Le budget ne constitue pas non plus une avancée majeure en matière de climat. Dans le domaine du logement, des montants importants sont certes prévus pour les VEFA, mais les logements, eux, ne voient pas le jour. En revanche, les dépenses consacrées à l’industrie militaire, elles, seront malheureusement bien réelles, a regretté David Wagner.

Les Pirates estiment que l’orientation générale du budget est bonne, mais ils ont des idées politiques très différentes sur plusieurs points. Par exemple, en matière de garde d’enfants, il serait préférable de verser de l’argent aux parents lorsqu’ils s’occupent eux-mêmes de leurs enfants plutôt que de soutenir massivement des crèches privées. Les plus-values sur les actions devraient également être davantage taxées. À cet égard, porter de 6 à 12 mois la période au terme de laquelle on ne doit plus payer d’impôts ne serait pas suffisant, estime Marc Goergen.

Le CSV et le DP portent évidemment un regard plus positif sur le projet de budget. André Bauler, député DP, le qualifie d’"offensif". Il est également important de continuer à renforcer le moteur de l’économie, autrement dit la place financière, qualifiée de "vache à lait". Contrairement à l’opposition, André Bauler félicite le gouvernement de maintenir la dette publique sous la barre des 30 %. La tendance jusqu’en 2030 est par ailleurs "plutôt à la baisse qu’à la hausse".

"Un peu plus d’optimisme ferait du bien à l’opposition", a pour sa part déclaré Laurent Zeimet, président du groupe parlementaire CSV. Au regard du contexte international ou de la situation dans les pays voisins, où, par exemple, la France ne parvient pas à adopter un budget, le Luxembourg est dans une très bonne position. En ces temps incertains, le pays peut investir et renforcer le soutien à la population.

Back to Top
CIM LOGO