
"Ce qui se passe en France n'est rien d'autre qu'une immigration de masse hors de contrôle. Il ne s'agit pas des écoles, il s'agit de l'islam qui veut s'emparer d'un pays autrefois grand!", a écrit le président républicain sur sa plateforme Truth Social.
Plusieurs dizaines de milliers de lycéens sont descendus dans la rue mardi à Paris et en région, rejoints par des professeurs, des étudiants et des syndicalistes, pour continuer à réclamer des moyens pour l'éducation après plusieurs jours de tensions et de heurts avec les forces de l'ordre.
En France, il n'a jusqu'à présent pas été fait de lien entre ce mouvement et des revendications religieuses ou identitaires.
Aux États-Unis, des commentateurs proches du mouvement "Maga" (Make America Great Again) du président américain publient depuis plusieurs jours des vidéos des manifestations françaises, plus particulièrement de heurts entre manifestants et forces de l'ordre.
Ces scènes sont présentées comme un repoussoir, à l'appui d'une rhétorique mêlant les avertissements sur l'immigration et la dénonciation du "communisme".
"Cela arrivera aux États-Unis si les démocrates reprennent le pouvoir", a par exemple écrit lundi sur X Dave Rubin, un commentateur de droite radicale comptant 1,6 million d'abonnés, à propos d'images tournées dans une gare française.
"Ce qui se passe en France fait partie d'un réseau international de socialistes qui veulent démanteler l'Occident", a commenté un autre animateur Maga, Glenn Beck, suivi lui par 2,2 millions de personnes sur X.
"La France de Macron a pratiqué l'immigration débridée et les frontières ouvertes pendant des décennies. La facture, ce sont des écoles surpeuplées, des zones de non-droit en banlieue et des rues qui ressemblent à des territoires en guerre. Voilà l'avenir que les promoteurs des frontières ouvertes veulent pour l'Amérique", a écrit sur X le fils du président américain, Don Jr.
Un compte de la Maison Blanche (Rapid Response 47) a lui diffusé sur le même réseau une vidéo d'une manifestation en France avec cette légende : "Voilà les conséquences des frontières ouvertes. Quand vous importez le tiers-monde, comme le veulent les démocrates, vous devenez le tiers-monde".
Le Parti républicain, celui de Donald Trump, est à la peine dans les sondages à l'approche des élections parlementaires du 3 novembre.
Le président américain, à qui les Américains reprochent de ne pas en faire assez face au coût toujours plus élevé de la vie, pourrait perdre le Congrès au profit de ses opposants démocrates.
Le milliardaire de 80 ans et ses soutiens, face à ce mécontentement sur l'inflation, tentent de mettre en avant d'autres sujets jugés plus favorables, en insistant sur des menaces selon eux existentielles pour l'Amérique et son mode de vie.
En août, Donald Trump avait jugé que certains candidats ou élus issus de l'aile gauche du Parti démocrate, étaient des "jihadistes".
Il répète aussi que les démocrates feraient basculer l'Amérique dans le "communisme", un terme qui a aux États-Unis une connotation très négative.
Son gouvernement a relancé ces dernières semaines une communication agressive sur les expulsions d'immigrés en situation illégale, qui répondent à une promesse faite par Donald Trump pendant sa campagne présidentielle.
Plus largement, son administration présente l'idéologie nationaliste du président comme le seul rempart contre un déclin de l'Occident qui serait alimenté par le multiculturalisme.
Ce discours est porté en particulier par le conseiller Stephen Miller ainsi que par le vice-président JD Vance, mais aussi par Donald Trump lui-même.
Lors d'un récent déplacement en Irlande, il avait déclaré pendant un discours que l'Europe était "en train de se tuer elle-même" à cause de l'immigration.