SteinselUn père célibataire contraint de quitter son logement d'urgence

Claudia Kollwelter
Monica Camposeo
Claude Zeimetz
adapté pour RTL Infos
De plus en plus de résidents peinent à trouver un logement abordable au Luxembourg. Reportage auprès d'une famille qui occupe un logement d'urgence depuis plusieurs mois.
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Lorsqu’une personne est contrainte de quitter son logement, mais également en cas d’incendie ou de graves inondations, il existe des logements d’urgence. Cependant, ceux-ci sont limités en nombre et dans la durée pendant laquelle ils sont disponibles. Depuis près d’un an, le père célibataire Agostinho Martins vit avec ses trois enfants dans un logement d’urgence mis à disposition par la commune de Steinsel. La famille s’y trouve parce qu’après la séparation des parents, elle a été expulsée de son ancien logement.

Dans une interview, le père explique qu’à l’époque, il ne travaillait pas. Les allocations familiales et l’assurance dépendance qu’il percevait pour s’occuper de l’un de ses enfants ne suffisaient pas à couvrir le loyer et toutes les dépenses. Malgré un emploi qu’il a occupé pendant un certain temps, le père n’a pas réussi à trouver un nouveau logement. Entre-temps, son employeur est parti à la retraite et le père célibataire dépend désormais des allocations de chômage.

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Trouver un nouvel emploi qui lui permettrait malgré tout de s’occuper de son fils ne serait pas facile. Cela fait donc déjà près d’un an que la famille vit dans le logement d’urgence de la commune. Un logement d’urgence est toutefois, par définition, destiné à une courte période. La famille aurait dû quitter les lieux après trois mois. La mise à disposition a heureusement été prolongée de trois mois supplémentaires, mais cette période est elle aussi dépassée depuis longtemps.

La bourgmestre de Steinsel, Manon Kolber, évoque un cercle vicieux :"Nous ne voulons pas mettre quelqu’un dehors ou nous ne pouvons pas le faire, car nous avons c'est notre devoir de prendre ces personnes en charge. Le plus important, c’est que la collaboration entre les différents acteurs fonctionne, afin que l’on puisse simplement faire passer ces personnes le plus rapidement possible vers une autre situation et les faire sortir de ce logement d’urgence."

Pour l’Anasig, l’association des assistants sociaux, le cas de la famille Martins est loin d’être un cas isolé. L’association demande notamment une meilleure coordination entre les différents acteurs. Jean-Michel Campanella, vice-président de l’Anasig : "Que faisons-nous des personnes qui, après trois, six ou douze mois, n’ont toujours rien trouvé ? Elles risquent alors de se retrouver à nouveau à la rue ou de retourner dans un logement insalubre, parce qu’ensuite, il n’y a rien non plus pour la deuxième étape."

Après les logements d’urgence, l’offre disponible sur le marché du logement, et notamment les logements sociaux destinés aux personnes disposant de faibles revenus, est insuffisante. Il s’agit également d’un problème que connaît l’Ombudsman pour les enfants et les jeunes.

Chaque semaine, l’équipe de l’OKaJu est confrontée à des problèmes liés au logement. Un élément central est le fait qu’il n’y a tout simplement pas suffisamment de logements d’urgence. Dans le cadre d’un suivi, l’OKaJu a constaté qu’il existe entre 50 et 75 logements d’urgence dans l’ensemble du pays.

L’Ombudsman pour les enfants et les jeunes, Charel Schmit, explique : "Ce dont nous avons besoin, c’est, à titre transitoire, d’un parc de logements d’urgence pour les 100 communes, beaucoup plus important que celui dont nous disposons actuellement. Et, bien évidemment, dans cette problématique, le serpent se mord la queue : si nous n’avons pas de logements sociaux permettant d’installer définitivement ces personnes après leur passage dans un logement d’urgence, nous n’avançons pas et nous ne trouvons pas d’issue."

Le problème du logement serait un fardeau que tous les acteurs du pays devraient porter ensemble, estiment l’Anasig et l’OKaJu. Pour l’Ombudsman, les communes ne devraient toutefois pas être laissées seules face à cette situation.

Le reportage en langue luxembourgeoise

Ëmmer méi Leit hu Problemer, eng Wunneng ze fannen a se och kënnen ze bezuelen.
Wann ee gezwongen ass, seng Wunneng ze verloossen, ginn et Noutlogementer.

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