LuxembourgL’AMMD ne signera pas de nouvelle convention avec la CNS

Jeannot Ries
adapté pour RTL Infos
L’Association des médecins et médecins-dentistes (AMMD) ne signera pas de nouvelle convention avec la CNS. Vendredi, l’AMMD l’a annoncé à ses membres dans sa newsletter.

La convention actuelle avait été dénoncée en octobre dernier et arrivera à échéance en octobre de cette année. Pour l’Association des médecins et médecins-dentistes (AMMD), il est clair que le cadre légal doit être adapté. La CNS, en revanche, se serait toujours appuyée sur la législation actuelle lors des négociations, critique le président de l’AMMD, Chris Roller.

"En fait, lors de la médiation, la CNS a continué à dire très clairement qu’elle n’était pas intéressée par une modification du cadre légal. Que celui-ci lui convenait parfaitement. Cela signifie que, de son côté… elle ne voulait de toute façon rien changer. Et nous ne pouvons pas, de notre côté, simplement dire : 'D’accord, alors signons à nouveau.'"

Selon Chris Roller, la volonté politique de changer les choses fait également défaut. Des discussions ont eu lieu avec la ministre de la Santé, Martine Deprez, et en juin, le Premier ministre Luc Frieden avait également fait de ce dossier une priorité. Toutefois, on aurait compris qu’aucun changement n’était prévu.

"La politique, notamment, est pourtant celle qui, à l’époque où le CSV était encore dans l’opposition, avait promis toute une série de choses pendant la campagne électorale, notamment de moderniser et de réformer la médecine au Luxembourg. Ces éléments figurent également dans l’accord de coalition. Mais, en fin de compte, il n’y a aucune volonté de les mettre réellement en œuvre sur le plan politique."

Les revendications de l’Association des médecins ne sont pas nouvelles. Selon l’AMMD, les interventions de petite taille ou présentant moins de risques devraient davantage pouvoir être réalisées en dehors de l’hôpital. L’association estime également que des adaptations sont nécessaires en ce qui concerne la négociation des tarifs. Ceux-ci seraient actuellement fixés exclusivement par la CNS.

"Nous avons demandé, au minimum, qu’il y ait davantage d’automatismes dans les revalorisations, comme c’est d’ailleurs prévu dans les conventions collectives, par exemple celles des hôpitaux et du personnel hospitalier. Et c’est un point sur lequel la politique n’a pas voulu nous suivre."

Il reste désormais un peu plus de deux mois avant l’expiration de la convention actuelle. Ensuite, un règlement grand-ducal entrera en vigueur. Pour les patients, rien ne changera immédiatement. Les tarifs et les remboursements resteront les mêmes, souligne Chris Roller. Cela signifierait toutefois également que la prise en charge ne deviendra pas plus efficace et que les délais d’attente ne diminueront pas.

Selon l’AMMD, qui est la seule association représentative des médecins, une réforme aurait notamment pu contribuer à désengorger les cliniques, les services d’IRM ou encore les salles d’opération. Cela aurait été bénéfique pour les patients et aurait également pu alléger le budget de la CNS, à un moment où il n’est pas exclu qu’une augmentation des cotisations soit décidée dans le cadre de la quadripartite à l’automne.

L’AMMD rejette l’accusation des syndicats selon laquelle l’association des médecins serait en train de créer une médecine à deux vitesses. Selon elle, il s’agirait simplement de faire peur. Le fait que les syndicats siègent également au conseil d’administration de la CNS, par l’intermédiaire de la Chambre des salariés, créerait par ailleurs un conflit d’intérêts.

"C’était déjà un énorme chaos l’année dernière avec les réformes des retraites, lorsque la politique s’est mise les syndicats à dos, et je pars du principe qu’elle ne veut pas refaire la même chose cette fois-ci. Parce qu’elle se rend peut-être aussi compte que, bon, il n’y a que 3 000 médecins au Luxembourg, dont la moitié sont étrangers, qui n’ont de toute façon pas le droit de vote au Luxembourg, donc tout cela n’a pas d’importance. Madame Deprez dit toujours : oui, les médecins, ce n’est qu’une poignée de personnes. Mais en fin de compte, sans les médecins, cela ne fonctionne pas. Et si nous voulons attirer de bons médecins, il faut aussi que le système soit attractif d’une manière ou d’une autre."

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