En Gironde, où les incendies ont pris une ampleur exceptionnelle, le Luxembourg a apporté un soutien précieux, au sol comme dans les airs.
Pendant six jours, trois avions de lutte contre les incendies d’Aquarius Aerial Firefighting – une filiale de Cargolux – ont été engagés dans la région. Une machine luxembourgeoise et deux appareils venus de Turquie ont enchaîné les rotations, pilotés par une équipe de quatre aviateurs. Parmi eux, le directeur général de la société, Wieger Ketellapper, qui a lui-même pris les commandes avant de repartir en Turquie. Chaque journée comptait deux à trois missions, d’environ trois heures chacune, rythmées par des pauses obligatoires et un débriefing en fin de journée.
Pour lui, cette opération a confirmé une évidence : les avions amphibies – capables d’opérer aussi bien sur piste que sur plan d’eau – doivent être mobilisés dès les premières heures d’un incendie. Leur rapidité d’intervention et leur capacité à se ravitailler en eau directement sur les lacs ou les retenues naturelles en font des outils stratégiques. D’où l’importance, selon lui, de les répartir intelligemment sur le territoire afin de pouvoir réagir immédiatement dès qu’un foyer se déclare.
Mais voler au-dessus d’un brasier n’a rien d’anodin. La récente collision mortelle entre deux hélicoptères en Grèce l’a rappelé tragiquement. Entre fumée dense, reliefs escarpés, surfaces d’eau et trafic aérien intense, les pilotes évoluent dans un environnement saturé de risques. La communication est permanente, rapide, parfois chaotique. "On peut perdre de vue un collègue dans une autre machine, c’est une réalité", explique Wieger Ketellapper. Tout doit être mis en œuvre pour éviter le moindre incident.
L'interview en luxembourgeois/allemand du pilote:
Pour réduire ces dangers, Aquarius Aerial Firefighting a équipé ses avions d’un système de détection de collision de dernière génération, le PowerFLARM. Contrairement à d’autres dispositifs, celui-ci capte l’ensemble des signaux présents dans l’espace aérien, y compris ceux émis par des transpondeurs plus anciens. Une avancée importante, même si elle ne garantit pas un risque zéro.
Basée au Luxembourg, la filiale de Cargolux dispose aujourd’hui de dix avions spécialisés dans la lutte contre les incendies : un stationné dans le Grand-Duché, neuf en Turquie. Et l’entreprise ne compte pas s’arrêter là. Les plans pour étoffer la flotte sont déjà en cours, signe que les besoins en matière de lutte aérienne contre les feux de forêt ne cessent de croître.