Dans sa stratégie nationale en matière de biogaz, le gouvernement souhaite que 50 % du potentiel des déchets organiques (fumier et compost) soit utilisé à la production d'énergie à l'avenir.
À Reiden an der Atert, une coopérative de biogaz existe depuis 23 ans et regroupe une vingtaine d'entreprises. L'installation produit suffisamment d'électricité pour alimenter environ 2.700 foyers. De plus, elle fournit de la chaleur, via un réseau de chauffage urbain, au lycée d'Atert, à la piscine municipale, au complexe sportif et à un supermarché.
Le biogaz pourrait jouer un rôle encore plus important, affirme Christian Hahn, président de la Chambre d'agriculture. Il estime qu'il existe actuellement entre 15 et 16 unités de méthanisation dans le pays. "Presque toutes les entreprises pourraient en avoir une. Ou bien la rendre plus collective", explique l'agriculteur.
Ces dix dernières années, le nombre d'installations a pourtant à peine augmenté. Plusieurs entreprises, comme celles de Kehlen ou de Beckerich, ont même dû fermer leurs portes. "Les problèmes étaient d'une autre nature", explique Christian Hahn. "L'emplacement doit être bien choisi et les tarifs raisonnables."
L'un des principaux obstacles, selon l'opérateur, réside dans la lourdeur des procédures administratives. Les nombreuses autorisations, études et exigences administratives dissuaderaient de nombreux agriculteurs d'investir dans une telle technologie.
Néanmoins, une exploitation agricole de Hamiville, sur la commune de Wincrange, a décidé de construire une unité de méthanisation autonome en 2023. Elle est en service depuis dix mois. "L’objectif est de mieux valoriser le cycle des nutriments agricoles", explique Jérôme Reuter, co-exploitant de l’unité. L’électricité et la chaleur sont produites à partir du fumier, tout en améliorant sa valeur fertilisante. L’exploitation est ainsi moins dépendante des engrais chimiques. Autre avantage : l’épandage de l’engrais sera moins odorant.
L'usine de Hamiville fonctionne actuellement grâce au fumier d'environ 70 vaches. Elle produit environ 400 kilowattheures d'électricité par jour et alimente également en chauffage trois maisons. Avec un cheptel plus important, sa capacité devrait augmenter à l'avenir.
La centrale de Reiden an der Atert est également en cours de modernisation. "Nous devons investir pour bénéficier d'un nouveau tarif d'électricité. L'ensemble de nos installations sera entièrement renouvelé et modernisé", explique Gilles Eyschen, président de la coopérative Biogas an der Atert. Par ailleurs, la centrale sera agrandie afin de mieux répondre aux besoins en chaleur.
Pour les exploitants, c'est une évidence : le biogaz est un complément important aux autres énergies renouvelables. Contrairement à l'énergie éolienne et solaire, une centrale de biogaz peut fournir une énergie fiable même en l'absence de soleil ou de vent.
Cependant, la technologie des unités de méthanisation est souvent critiquée car elle utilise des matières premières renouvelables, comme le maïs. À Reiden an der Atert, ces matières premières ne représenteraient qu'environ 10 % des matières traitées dans l'unité de méthanisation, explique Christian Hahn. Elles seraient principalement ajoutées en hiver. Les 90 % restants sont constitués de déchets tels que le fumier, le compost, les biodéchets et les résidus de tonte.
Le reportage (en luxembourgeois) :