
Cette nouvelle journée à risque intervient une semaine après les violences et pillages du 17 octobre qui ont ébranlé l'exécutif et à seulement six mois de la présidentielle.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé vendredi soir que "le niveau de menace rest(ait) élevé", ciblant particulièrement "l'ultragauche" et "la délinquance".
Le 17 octobre, 550.000 personnes avaient défilé dans le pays, selon les autorités. Ils ont été plus de 800.000 ce samedi, selon la CGT.
Le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a exhorté Emmanuel Macron à "céder" face aux revendications exposées lors de la nouvelle journée de mobilisation samedi car, "après, il ne lui restera plus que la porte de sortie".
"Il va comprendre que ça va se répéter toutes les semaines", a estimé le candidat à la présidentielle, présent dans le cortège à Paris, Porte d'Italie. Pour lui, "ce qui pend au nez maintenant" de l'exécutif, c'est "la grève générale", à partir du 5 novembre, à l'appel de Sophie Binet, la patronne de la CGT.
Les forces de l'ordre ont procédé à 135 interpellations à mi-journée en France, où 35.000 personnes ont été comptabilisées sur l'espace public, sans incident majeur à ce stade, a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
"Une grande partie de ces interpellations est liée aux contrôles de flux et à la découverte de matériel destiné à être utilisé comme arme par destination", a précisé le ministre.
Lors de la journée de mobilisation du 17 octobre marquée en marge par des violences et des pillages, "60.000 personnes" avaient été dénombrées sur l'espace public à mi-journée, selon Laurent Nuñez.
Les gilets jaunes ont appelé à une journée de mobilisation pour "la défense des libertés publiques" le 31 octobre, avec rassemblements et sit-in devant l'Assemblée nationale et les mairies françaises pour dénoncer ce qu'ils qualifient de "dérive autoritaire" du gouvernement.
"Il y a une colère dans ce pays" qui "n'est pas entendue", selon la déclaration des gilets jaunes dénonçant "le mépris, le refus d'écouter, le mensonge et la répression" du gouvernement.
Les organisateurs de la manifestation parisienne ont finalement accepté le parcours imposé par la préfecture de police, après le rejet par la justice de leur recours contre ce tracé.
"On prend nos responsabilités, on ne veut pas faire courir de risques aux manifestants", a souligné Badiaa Souidi, secrétaire générale de la CFDT Ile-de-France.
La préfecture de police avait imposé vendredi un parcours de la Porte d'Italie à la Porte de Vincennes, en lisière de Paris, alors qu'elle avait précédemment accepté un tracé entre les places de la Bastille et de la Nation.
Deux hommes, âgés respectivement de 34 ans et 66 ans, ont été mis en examen et placés en détention provisoire dans le cadre de l'information judiciaire ouverte après l'incendie de la mairie de Limoges, pendant la mobilisation du 17 octobre.
Le trentenaire est fiché S pour son appartenance présumée à l'ultragauche radicale et connu pour des violences sur un policier lors d'une manifestation passée dans la Creuse, selon les autorités.
Les couvre-feux pour les mineurs non accompagnés en vigueur depuis lundi soir à Lille et dans trois autres villes du Nord (Denain, Douai et Wattignies) ont été prolongés et étendus à de nouvelles communes (Marly et Valenciennes) jusqu'à lundi matin.
Lille a été particulièrement touchée par les débordements violents et les pillages de commerces le week-end dernier. La préfecture a recensé 88 établissements dégradés à Lille le 17 octobre, dont 25 pillés et deux incendiés.
Un rassemblement d'environ 150 personnes à proximité de l'université Lyon 3, qui se trouvait à la limite du périmètre au sein duquel la préfecture du Rhône a interdit tout attroupement samedi, a été rapidement dispersé par les forces de l'ordre samedi matin.
Ces dernières ont effectué plusieurs tirs de grenades lacrymogènes un peu avant 11H00 pour disperser le groupe réuni dans le cadre de l'appel à la journée d'action contre la vie chère, alors que les manifestants venaient de se mettre en travers de la rue pour bloquer la circulation.
Le parquet de Paris a indiqué avoir ouvert une enquête confiée à l'IGPN, la "police des polices", concernant un photographe grièvement blessé par un "tir de grenade" policière lors de la manifestation du 17 octobre à Paris.