Casse d'envergure en AllemagneJugé en Belgique, le braqueur français Ferrara risque le retour en prison

RTL Infos avec AFP
Un casse déjoué en dernière minute en Allemagne est jugé en Belgique. Parmi les accusés, un braqueur français dont la réputation n'est plus à faire.
Antonio Ferrara à son arrivée au tribunal de Bruxelles en mars 2026.
Antonio Ferrara à son arrivée au tribunal de Bruxelles en mars 2026.
© NICOLAS TUCAT/AFP

Antonio Ferrara va-t-il être emprisonné en Belgique ? Le braqueur français, qui a comparu devant le tribunal de Bruxelles pour un projet d'attaque à main armée en Allemagne en 2025, doit être fixé sur son sort vendredi matin. Fin août, le parquet avait requis une peine de 18 ans de prison à son encontre.

Un casse d'envergure était prévu en Allemagne

Antonio Ferrara, qui conteste les faits reprochés et a comparu libre au procès, risque une arrestation à l'audience s'il est reconnu coupable.

Dans ce dossier, il a été jugé avec neuf complices présumés, parmi lesquels des figures du grand banditisme de la région parisienne.

Tous sont soupçonnés d'avoir planifié l'attaque à main armée d'un centre-fort à Bochum (Allemagne), un lieu où les banques stockent leurs avoirs (billets, bijoux, etc). Le projet a été mis en échec in extremis par une coopération policière franco-belge.

© ERIC LALMAND/Belga via AFP

L'affaire est jugée en Belgique, car c'est la police belge qui avait déjoué le plan en opérant un vaste coup de filet le 27 février 2025 à Eupen, dans l'est du pays, non loin de la frontière allemande.

Le passage à l'acte était alors imminent d'après les enquêteurs. Des membres du groupe étaient déjà allés repérer l'établissement ciblé, utilisant des voitures volées dans lesquelles la police a saisi armes, explosifs et gilets pare-balles.

Qui est Antonio Ferrara ?

Antonio Ferrara, 53 ans, est un visage bien connu de la justice en France, où il a été condamné pour des braquages et une tentative de meurtre, ainsi que pour deux évasions de prison, ce qui lui a valu le surnom de "roi de la belle".

Il était sorti de prison en juillet 2022 après avoir purgé sa dernière condamnation.

Mais en 2024, la justice française a ouvert une enquête sur une association de malfaiteurs, qui a finalement mené vers ce projet allemand auquel il aurait activement pris part au sein d'une bande franco-belge.

Compétences en explosifs

Pour mettre en cause ces dix suspects, l'accusation s'appuie sur des écoutes téléphoniques et de multiples surveillances. Quant à Antonio Ferrara, il a laissé des traces ADN sur plusieurs armes ou chargeurs, d'après l'enquête. "Il est bien impliqué dans cette tentative d'attaque, ce n'est pas un néophyte", a déclaré la procureure dans son réquisitoire, insistant aussi sur "ses compétences en matière d'explosifs".

L'intéressé conteste toutefois sa participation au projet criminel. Son avocat Olivier Martins estime que les analyses ADN ne sont pas fiables et assure que le voyage de son client en Belgique avec plusieurs amis avait pour but l'achat de voitures.

"Aucune arme n'a été retrouvée dans le véhicule où se trouvait Antonio Ferrara" à son arrestation, a fait valoir Me Martins auprès de l'AFP au début de la procédure.

Initialement prévu fin avril, ce procès a été retardé par de multiples incidents de procédure et contestations des avocats de la défense. Il a duré jusqu'en septembre.

Parmi les neuf coprévenus figurent un des frères de Ferrara, Massimiliano, et d'autres noms déjà connus de la justice française, dont Walid Tarsim. L'accusation a réclamé quinze ans de prison contre ces deux hommes.

Un seul suspect, Yacine Bentouati, est aussi jugé pour tentative de meurtre pour avoir renversé en voiture un policier des unités spéciales en tentant d'échapper au coup de filet à Eupen.

Yacine Bentouati, de nationalité algérienne, compte avec Antonio Ferrara dans le groupe des cinq prévenus contre lesquels 18 ans d'emprisonnement ont été demandés. Les peines réclamées vont de 10 ans, dans un cas, à 18 ans de prison.

Back to Top
CIM LOGO