Le National Park Service est en discussion avec le promoteur Kingsbarn Realty Capital, basé dans l'Etat voisin du Nevada, pour octroyer une route d'accès à une parcelle privée d'environ 34 hectares située en lisière du parc, en échange d'un terrain dans une autre zone, a stipulé l'avocat Lanny Davis.
L'information, révélée vendredi par le site d'informations américain NOTUS, a provoqué un tollé chez les défenseurs de l'environnement et les démocrates, farouchement opposés aux mesures prises par l'administration pour réduire la protection des terres publiques, notamment des forêts nationales.
L'avocat Lanny Davis a présenté le projet de route comme une initiative écologique, qui raccourcirait les trajets vers le terrain privé actuellement non aménagé et réduirait les émissions polluantes.
La proposition d'échange de terrains est "prévue par la loi fédérale et ne réduira pas la superficie du parc", a-t-il ajouté.
Reconnaissant que des négociations avaient eu lieu, le ministère de l'Intérieur a affirmé qu'"aucune décision finale n'avait été prise" dans un communiqué envoyé à l'AFP.
"Si une proposition progresse, le ministère suivra les procédures établies afin d'assurer une coordination appropriée, la transparence et la participation du public, conformément au droit fédéral", a-t-il encore détaillé.
Selon NOTUS, Jeff Pori, le directeur général de Kingsbarn, entretient des relations d'affaires avec des proches du président et a versé des dons au Comité national républicain et à des comités de collecte de fonds proches de Donald Trump.
Il a racheté la parcelle privée en 2024 et souhaite construire une route pour la rattacher à l'un des axes principaux traversant le parc national, lui offrant donc un accès privilégié, révèle encore NOTUS.
L'Association de conservation des parcs nationaux (NPCA) a fortement critiqué cette nouvelle. Mark Rose, responsable du programme Sierra Nevada - qui couvre le parc Yosemite - a dénoncé "une attaque contre le peuple américain à qui appartient ce parc national".
Le syndicat des employés du parc national de Yosemite s'est dit "consterné" par la cession de terres publiques au profit d'intérêts privés, qualifiant l'échange proposé de "contraire à notre éthique" en tant que gardiens du parc.
Un précédent projet pour construire une route d'accès au parc avait été rejeté par les administrations républicaine de George W. Bush et démocrate de Barack Obama. L'ancien propriétaire du même terrain privé de 34 hectares, Lewis Geyser, avait perdu les recours qu'il avait présentés en première instance en 2007 et en appel en 2012.
"Yosemite est l'une des merveilles naturelles de la Californie et doit être protégé contre tout nouveau projet immobilier", a prévenu dans un communiqué le sénateur démocrate de Californie Adam Schiff, farouche opposant de Donald Trump, et pour qui "la seule chose qui importe à l'administration, c'est de savoir s'il y a de l'argent en jeu".
Protégé en 1864, le parc Yosemite est internationalement reconnu pour ses falaises de granit, ses glaciers, ses lacs, ses séquoias et sa faune.
Très populaires aux Etats-Unis, notamment au printemps et en été, les 63 parcs nationaux du pays ont accueilli plus de 320 millions de visiteurs en 2025, selon la NPCA.
Mais Mark Rose s'inquiète d'une "crise de surfréquentation" de Yosemite, en raison de la prolifération des hébergements en bordure du parc, mais aussi de la suppression du système d'enregistrement de véhicules par l'administration Trump plus tôt dans l'année, censé y limiter la circulation.