Il était difficile de savoir à quoi s’attendre ce samedi, après l’interdiction de la manifestation déposée par la CGT dans la soirée du vendredi. Un nombre très faible de manifestants craignant les restrictions ? Ou au contraire, un très grand nombre de personnes en rogne face à cette décision ? La deuxième option a été privilégiée.
“Un parcours évitant le centre-ville a été proposé, mais il a été refusé. C’est un bras de fer pour essayer de nous intimider, mais ça ne marche pas. Le droit de manifester est inscrit dans la Constitution”, explique Patrick, syndicaliste à Force Ouvrière. Peu après 14h, la masse de gens présents sur la Place de la République a commencé à avancer en direction de l’avenue Foch.
Des débordements étaient craints, sachant que les effectifs de police étaient bien plus importants que la dernière fois. Mais le cortège s’est dirigé tranquillement en direction du Muse, avec syndicats et étudiants qui scandaient des chants à l’encontre d’Emmanuel Macron, de la police ou contre le Rassemblement national.

Les policiers n’ont pas eu à faire usage de la force face à une armée de manifestants pacifistes. Aucun tir de mortier, aucun jet de pétard : seuls les mots ont fait office d’armes pendant la manifestation d’aujourd’hui. Après avoir traversé l’Avenue Foch, la foule s’est ensuite amassée sur le Parvis des droits de l’homme, avant de se dissiper après 16h. Toujours dans le calme.
À nouveau, beaucoup de jeunes étaient présents, aux côtés de syndicalistes. “On étudie dans des conditions délabrées, pas de chauffage en hiver et pas de climatisation en été”, s’insurge Yacine, lycéen à Metz.
Isaac est également lycéen. Pour lui, il y a un trop gros manque de moyens dans l’Éducation nationale : “On a des professeurs qui ne peuvent pas s’occuper de chaque élève de manière individuelle, avec des classes à 35 élèves.” Avant que son camarade Oscar ne rajoute : “Dans mon lycée, il y a une classe où ils sont 37 !”
“Moi je viens pour soutenir tous les étudiants qui ne peuvent pas venir manifester, car leurs parents sont trop inquiets”, raconte Frédéric. Le chef d’entreprise souhaite apporter de la positivité en manifestation, avec inscrit sur sa pancarte “Dites-le avec des fleurs”, avec le mot “CRS” qui vient se lier aux fleurs. Il souhaite “mettre un peu d’amour dans beaucoup de violences et de haine”.
Il n’est pas le seul à vouloir changer l’image des manifestations. Emilien est étudiant en sciences politiques à Maastricht, et il a souhaité revenir dans sa ville pour soutenir le mouvement : “Aujourd’hui, les gens sortent dans les rues avec des revendications. Et on les cache derrière les pilleurs et des violences qui ne représentent en rien ce qu’ils revendiquent.”
Si les choses se sont passées dans le calme jusqu’à 16h, les événements se sont envenimés par la suite. Des affrontements ont eu lieu sur la Place de la République, et dans le centre-ville, entachant la marche pacifique jusqu’au Muse.