
"Le chemin vers un meilleur bien-être commence souvent par une conversation." C’est ce qu’explique la coordinatrice des Semaines de la Santé Mentale, la Docteur Astrid de Leeuw, dans une interview accordée à RTL. Il est important de mettre de côté ses propres craintes, notamment celle de dire quelque chose de mal, et d’écouter la personne concernée afin de comprendre : "Comment va cette personne ? Qu’est-ce qui lui semble difficile en ce moment ? Et lorsqu’elle se sent écoutée et comprise, on peut alors chercher ensemble quelles seraient les solutions potentielles vers lesquelles s’orienter."
Il n’est pas possible d’affirmer avec certitude que le nombre de personnes souffrant de problèmes de santé mentale augmente au Grand-Duché. Selon l’IGSS, l'Inspection générale de la sécurité sociale, pour 17 % des salariés en arrêt maladie, la dépression figure comme motif sur le certificat médical, explique Astrid de Leeuw. "Est-ce parce que les gens osent davantage en parler à leur médecin traitant ? Ce qui, en soi, est positif, car le médecin traitant est souvent le premier interlocuteur."
Il se pourrait toutefois aussi que les chiffres aient effectivement augmenté. La docteur en psychologie renvoie à l’étude HBSC de l’Université du Luxembourg ainsi qu’au Quality of Work Index de la Chambre des salariés. "On y constate tout de même une évolution que nous devrions, en tant que société, prendre au sérieux."
Chez les enfants et les adolescents âgés de 5 à 18 ans, les chiffres ont augmenté ces dernières années, notamment en ce qui concerne la dépression et les troubles anxieux. Astrid de Leeuw se réfère ici à une méta-analyse réalisée à l’échelle européenne. Un enfant sur cinq est confronté à des troubles psychiques. "Si l’on prend une classe de vingt enfants, cela signifie effectivement que quatre d’entre eux sont concernés."
Chaque jeune porte son propre sac à dos rempli d’expériences. Mais on n’a pas toujours le choix de ce qui vient s’y ajouter. "Cela signifie que lorsque l’on voit des images de guerre, que l’on a peur de l’avenir en raison de la crise climatique ou que, dans une famille, on s’inquiète énormément parce qu’à la fin du mois il risque de ne plus y avoir assez d’argent, ce sont autant de pierres qui viennent elles aussi s’ajouter dans ce sac à dos."
Selon Astrid de Leeuw, il est important de recevoir de l’aide, mais celle-ci ne doit pas nécessairement toujours être professionnelle. Une activité ou, par exemple, un soutien pour les devoirs scolaires peuvent parfois déjà apporter une aide.
La Ligue Santé Mentale propose des formations aux premiers secours en santé mentale, spécifiquement destinées aux enfants et aux adolescents, mais aussi aux adultes et aux personnes âgées. On y enseigne comment reconnaître les signes, savoir engager une conversation de manière appropriée et chercher ensemble des solutions. Des cours sont également proposés dans le cadre des Semaines de la Santé Mentale.
Des informations supplémentaires sont disponibles sur https://www.pssm.lu/