
Le bourgmestre de Differdange, Guy Altmeisch, réfute les critiques selon lesquelles la mairie aurait pu faire davantage pour se protéger dans le cadre de l’affaire de fraude dont la commune a été victime, ou encore qu’elle ne prendrait pas l’affaire suffisamment au sérieux.
Rappelons que la mairie de Differdange a transféré plus de 400.000 euros sur un faux compte bancaire, après que des escrocs aient piraté le serveur du bureau d’architectes avec lequel elle collabore dans le cadre de la construction d’un nouvel hôtel de ville. Les malfaiteurs avaient communiqué de nouvelles coordonnées bancaires - fausses - à la mairie par courriel.
Le Tageblatt, qui avait été le premier à faire état de l’affaire, a récemment critiqué, entre autres, le fait que certaines déclarations contradictoires aient été faites si on considère la chronologie des faits. En outre, le journal donnerait également l’impression que les responsables politiques ne savent pas tous précisément de quelle manière la commune a été alertée de la fraude. Pour Guy Altmeisch, ces critiques passent toutefois à côté du véritable problème :
"Qu’écrivons-nous sur ces bandes criminelles ? Qu’écrivons-nous sur les auteurs de tels actes criminels ? Pas une phrase, pas une seule phrase. On cherche maintenant à savoir qui se souvient correctement des dates, alors qu'il s'agit de détails qui ne nous font pas avancer dans cette affaire, qui ne nous font absolument pas avancer. Nous devons nous montrer beaucoup plus sceptiques à l’égard de toute cette intelligence artificielle, la remettre davantage en question et ne pas accepter tout ce qu’elle nous fournit. C’est là le grand défi, et non de savoir qui se souvient le mieux de telle ou telle date, ou si je dépose plainte 14 jours ou trois semaines plus tard. Tout cela est secondaire. Nous devons nous attaquer à la racine du problème."
Guy Altmeisch dit également ne pas comprendre les déclarations du ministre des Affaires intérieures Léon Gloden, selon lesquelles il semblerait que des erreurs aient été commises à Differdange et qu’il faudra à l’avenir introduire le "principe des quatre yeux", c’est-à-dire un double contrôle, au niveau des receveurs communaux. Selon le bourgmestre, le système actuel prévoit déjà que bien plus de deux personnes vérifient une facture avant son paiement. Il est toutefois naturellement toujours possible d’ajouter un niveau de sécurité supplémentaire.