Cour Grand-ducaleLe Grand-Duc Guillaume souhaiterait récupérer le Grünewald

Monique Kater
adapté pour RTL Infos
Dans un courrier adressé au ministre de l’Environnement, l’Administration des Biens de S.A.R. le Grand-Duc de Luxembourg propose une rencontre afin de discuter d’une résiliation anticipée de la convention conclue avec l’État en 2009.

Depuis début 2009, l’État s’occupe des 850 hectares de forêt de la famille grand-ducale, qui reste néanmoins propriétaire des parcelles situées dans le Grünewald. La convention conclue entre l’État luxembourgeois et l’Administration des Biens de S.A.R. le Grand-Duc de Luxembourg prévoit que le “droit de superficie” s’applique pendant 25 ans, soit jusqu’au 1er février 2034.

La Cour souhaite résilier la convention avec l’État de manière anticipée

Dans une lettre adressée au ministre de l’Environnement Serge Wilmes (dont la rédaction de RTL dispose d'une copie), le président de l’Administration des biens de S.A.R. le Grand-Duc de Luxembourg, Norbert Becker, a demandé le 13 mars une audience avec le ministre afin de discuter de manière constructive des modalités d’une résiliation anticipée de cette convention.

Le Grand-Duc souhaiterait en effet investir dans la forêt, notamment dans des programmes dédiés aux loisirs, au sport, mais aussi aux aspects thérapeutiques et éducatifs. De plus, il souhaiterait que les revenus issus de la gestion forestière soient, à l’avenir, versés à la Fondation du Grand-Duc Guillaume et de la Grande-Duchesse Stéphanie.

Le gouvernement n’envisage pas de résilier la convention de manière anticipée

Suite à une demande adressée au ministère de l’Environnement, il a été confirmé à RTL qu’une telle requête existe, mais que le gouvernement n’envisage pas actuellement de mettre fin à la convention de manière anticipée.

Communiqué du ministère de l'Environnement (traduction) :

"Le ministère peut confirmer qu’une telle demande a été formulée par l’Administration des Biens et qu’une réunion a eu lieu au niveau des fonctionnaires.

Le gouvernement n’envisage pas, pour l’instant, une résiliation anticipée de la convention.

Le gouvernement reste dans un échange constructif avec l’Administration des Biens afin d’examiner ensemble comment, dans l’intervalle, le Grünewald pourrait être encore davantage utilisé dans l’intérêt de la nature et des citoyens, en particulier des jeunes."

De plus en plus de demandes adressées à la Fondation

La Fondation du Grand-Duc Guillaume et de la Grande-Duchesse Stéphanie serait de plus en plus sollicitée, notamment par des personnes qui n’ont pas accès aux aides sociales traditionnelles, et elle souhaiterait également soutenir les personnes en situation de handicap. Par ailleurs, elle entend initier des projets dans les domaines de la culture, de l’éducation, de la jeunesse, du sport, de la santé, de la protection de l’environnement et des animaux, ainsi que s’engager pour la défense des droits humains.

À l’avenir, la gestion du Grünewald, aux frais de la Cour, devrait s’articuler autour de quatre axes :

  • une forêt appartenant à tout le monde – ce qui traduirait une discrète générosité de la Cour, peut-on lire ;
  • les chemins seraient mieux entretenus ;
  • ils recevraient des noms rappelant des membres de la famille ;
  • l’histoire de la dynastie devrait être présentée sur des panneaux, afin de ne pas oublier que cette forêt privée est mise à disposition du public.

Une charte et “une forêt pour les citoyens”

Le Grand-Duc souhaite mettre en place des programmes concrets pour les jeunes : un Grünewald destiné aux classes scolaires ou aux scouts, ainsi que des activités thématiques. Une forêt pour lutter contre le mal-être dans la société actuelle, une forêt contre le burn-out et en faveur de la santé mentale. Le tout avec le message que le pays prend soin de ses habitants comme d’une forêt.

Une charte définirait la durabilité et la gestion responsable du Grünewald. En tant que symbole de la continuité de la dynastie, il serait possible d’y associer le Grand-Duc Henri et la Grande-Duchesse, ainsi que les princes Charles et François, par exemple à travers des plantations, sans toutefois trop médiatiser ces actions.
Ce programme permettrait d'éviter une instrumentalisation politique. Il n’y aurait ni discours moral, ni surexposition médiatique, mais plutôt de la clarté quant à la distinction entre propriété privée et État.

Il est encore précisé dans le courrier que cette démarche ne coûterait rien à l’État, à l’exception des revenus issus de la gestion forestière.

Convention sur le Grünewald de février 2009

La convention de 2009 stipule que l’État est autorisé à exploiter la forêt et qu’il doit en assurer la gestion selon des critères de durabilité. Pour ce "droit de superficie", l’État doit verser chaque année 1 euro à l’Administration des Biens du Grand-Duc. Toutefois, comme indiqué dans le texte, la Cour, en tant que propriétaire de la forêt, renonce à cet euro.

Rappelons que cette convention était devenue nécessaire parce que la famille grand-ducale voulait vendre le Grünewald, une annonce qui avait suscité une vive émotion dans le pays. Il est également précisé dans la convention que, au cas où l’Administration des Biens du Grand-Duc souhaiterait vendre cette propriété, l’État dispose d’un droit de préemption, tant que le contrat est en vigueur.

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