Feux en France"Prochaines heures difficiles" en Gironde, l'incendie du Var "très actif"

RTL Infos avec AFP
D'une ampleur inédite, les incendies qui ont consumé 22.000 hectares et chassé au moins 200.000 résidents et vacanciers en Gironde et dans les Landes, continuent à sévir samedi matin, menaçant des communes proches de Bordeaux et nécessitant l'envoi d'un avion militaire A400M.

"Les prochaines heures peuvent être difficiles" en Gironde où sévissent de violents incendies, a prévenu samedi soir le Premier ministre Sébastien Lecornu en pointant des prévisions météorologiques qui "redeviennent défavorables".

"La situation demeure particulièrement critique en Gironde. Le changement brutal des conditions météorologiques intervenu hier a profondément modifié la dynamique du feu. Après une légère amélioration cette nuit et ce matin, les prévisions redeviennent défavorables", a-t-il détaillé sur X à l'issue d'une cellule interministérielle de crise (CIC).

Un peu plus tôt samedi, le patron des pompiers de Gironde Marc Vermeulen avait dit lors d'un point-presse espérer que la météo reste clémente afin que la nuit puisse être "propice au travail".

La préfète Sophie Brocas avait jugé la menace "très sérieuse", même si le feu avait "perdu un peu de sa virulence grâce à la baisse des températures et à l'augmentation de l'humidité".

2.000 personnes évacuées dans le Var

Quelque 2.000 personnes dans le Var sont toujours évacuées samedi soir en raison de l'incendie de Pontevès, encore très actif après avoir parcouru 4.000 hectares en cinq jours, a annoncé la préfecture.

"Des pluies sont espérées dans la nuit", rappelle toutefois la préfecture du Var: elles pourraient aider les pompiers à juguler le feu, avant une nouvelle journée de vent fort dimanche, qui risquerait de réactiver les flammes.

Parti mardi à la mi-journée d'un champ de Pontevès, l'incendie a enflammé des pans du Gros Bessillon, montagne boisée de l'arrière-pays varois, menaçant plusieurs communes des environs et nécessitant à chaque reprise de feu des évacuations ponctuelles de centaines de personnes.

"Ce samedi soir, 2.000 personnes n'ont pas encore été autorisées à regagner leurs domiciles. Des centres d'accueil temporaires ont été activés dans les communes limitrophes pour accueillir les personnes sans solution de relogement", a annoncé dans un communiqué la préfecture du Var.

Depuis son déclenchement, "le feu a parcouru 4.000 hectares, entraînant l'évacuation de 3.000 personnes" au total, selon la même source.

"Reconstruire, réparer", annonce Macron

"Nous reconstruirons, nous réparerons et nous serons présents aussi longtemps qu’il le faudra" après les violents incendies qui frappent actuellement la France, notamment dans le sud-ouest, en Gironde et dans les Landes, a assuré samedi le président Emmanuel Macron sur X.

"Dans ces heures où les flammes éprouvent durement notre pays, la France révèle ce qu’elle est : un peuple uni, qui se serre les coudes", a encore salué le chef de l'Etat, après l'évacuation d'environ 200.000 personnes dans le sud-Ouest.

Près de 100.000 hectares partis en fumée en France

Les différents incendies qui sévissent en France ont brûlé près de 98.000 hectares depuis le début de l'année, "notamment avec la progression du feu en Gironde", a annoncé samedi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, évoquant un "record historique".

"Il y a encore un certain nombre de feux qui ne sont pas fixés sur le territoire national", dont les incendies en Gironde, dans les Landes et le Var, a ajouté le ministre à l'issue d'un point de situation. Au moins "40.000 hectares", quatre fois la superficie de Paris, ont parcouru le seul département de la Gironde (sud-ouest), a ensuite précisé Laurent Nuñez.

Masques et avion militaire en Gironde

Alors que des odeurs de fumées, emmenées sur des centaines de kilomètres par les vents, sont ressenties jusqu'en Corrèze, quelque 1,5 million de masques FFP2 ont été acheminés dans la nuit vers la Gironde, pour protéger les membres des secours et les populations "exposées aux fumées nocives pour la santé", a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu sur X vendredi soir.

Un avion militaire de transport A400M a effectué son premier largage de produit retardant le feu samedi après-midi à Lacanau en Gironde (sud-ouest de la France), a constaté l'AFP.

C'est la première fois que ce dispositif pouvant emporter 20.000 litres d'eau ou de produit retardant le feu, développé par le constructeur de l'A400M Airbus, est déployé en conditions réelles.

1.500 militaires mobilisés à partir de samedi soir

Un total de 1.500 militaires seront mobilisés à partir de samedi soir pour "protéger les biens et les personnes" face aux incendies qui font rage en France, a annoncé le ministère des Armées dans un communiqué.

Ces militaires auront "notamment pour mission d'appuyer l'évacuation des populations résidant dans les zones menacées par les incendies" et "contribueront par ailleurs à protéger les habitations laissées sans surveillance", a précisé le ministère.

Une évacuation de Bordeaux "pas à l'ordre du jour"

L'évacuation de Bordeaux, grande ville du sud-ouest de la France, n'est "pas à l'ordre du jour" malgré l'incendie qui fait rage à quelques dizaines de kilomètres, a affirmé Thomas Cazenave, maire de la ville où 5.000 à 6.000 personnes évacuées des communes alentour ont trouvé refuge.

En ce dernier week-end de juillet, Bison Futé a appelé les automobilistes à laisser "les routes libres" pour les secours: la journée est classée "rouge" au niveau national dans le sens des départs en vacances.

Les incendies qui sévissent aux abords du bassin d'Arcachon en Gironde, où le feu est particulièrement violent, et près de Biscarrosse, dans les Landes, ont déjà nécessité l'évacuation de plus de 200.000 personnes et brûlé au total quelque 22.000 hectares, soit deux fois la surface de la capitale.

Dans une forêt au Porge, en Gironde, le 24 juillet 2026
Dans une forêt au Porge, en Gironde, le 24 juillet 2026
© AFP

Sept nouvelles communes proches de Bordeaux doivent être évacuées de façon préventive.

Il s'agit de Saint-Médard-en-Jalles (33.000 habitants), Le Haillan (11.400), Saint-Jean-d'Illac (9.600), Martignas-sur-Jalles (8.000) et Saint-Aubin-de-Médoc (7.800), a annoncé la préfète de Gironde Sophie Brocas tôt samedi matin. Les communes limitrophes de Mérignac (78.000) et d'Eysines (24.800), sont aussi en partie concernées.

Capacités d'évacuation très largement occupées

Déjà des villes du nord du bassin d'Arcachon (Sainte-Hélène, Salaunes, Lanton, Audenge) ont été vidées de leurs habitants, dans ce qui devient au fil des jours l'une des plus vastes opérations d'évacuation jamais menées en France.

La veille, l'évacuation de 40.000 personnes de la chic station balnéaire de Lège-Cap-Ferret par l'unique route existante - mais aussi de façon inédite, par une noria de bateaux -, a créé des bouchons.

"On a fait quatre heures de route, il y avait des bouchons partout"

"On a fait quatre heures de route, il y avait des bouchons partout", s'exclame Chantal Espeleta, 79 ans, habitante d'Andernos-les-Bains, à quelque 50 km. Plusieurs sont venus avec leurs animaux. 

A ce stade, "les capacités d'évacuation commencent à être très largement occupées", a averti samedi matin sur France2 le lieutenant-colonel David Annotel, représentant de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France et des "dispositifs vont être mis en place en complément".

Samedi matin le parc des Expositions de Bordeaux transformé en centre d'accueil, héberge quelque 3.500 personnes: des habitants angoissés, incertains du devenir de leur maison face aux flammes, dont des personnes âgées amenées en autocar, des vacanciers au séjour brutalement interrompu, qui ont passé la nuit sur des lits de camp ou des tapis de sol. Un deuxième hall a été ouvert, le premier affichant complet.

Assis sur son lit de camp, Frédéric Tavitian, 70 ans, est arrivé la veille vers 19h, de Dernousse.

"On a mis à peu près 4 heures pour arriver, c'est à 50 kilomètres (...) parce qu'il y avait des bouchons", explique-t-il. "A 15 heures, on nous a dit, il faut évacuer. On a vu des colonnes de fumée, comme un volcan qui allait exploser. Et on est partis", confie le retraité.

Derrière lui, dans le hangar surchauffé, des personnes prennent leur petit déjeuner sur les tables pendant que d'autres tentent de se reposer sur des matelas gonflables ou des tapis de sol.

"C'est vraiment la galère. C'est comme ça. Il faut faire avec", lâche M. Tavitian. Certains ont dû "dormir par terre. Parce qu'il n'y avait plus de lit, plus de matelas".

Burned home appliances lie outside a burned store in the Biscarrosse Industrial Zone, southwestern France on July 24, 2026, following a wildfire in the region.
Des appareils électroménagers et du mobilier d'intérieur brûlés après les incendies dans le sud-ouest de la France.
© AFP

Assise sur un chaise à l'extérieur du hangar principal, Sophie Gapinski, une professeure de 54 ans résidant à Pessac, "espère que rien n'a été touché" et que "cet incendie va passer".

Feux "hors normes"

Sur le terrain en Gironde et dans les Landes, un millier de militaires sont désormais déployés ou le seront dans les prochaines heures, en renfort des sapeurs-pompiers, a annoncé vendredi soir le Premier ministre Sébastien Lecornu, à l'issue d'une cellule interministérielle de crise.

Parmi eux, une centaine de sapeurs-pompiers parisiens supplémentaires, a indiqué samedi à l'AFP Arnaud de Cacqueray, commandant de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP).

Sur le millier de sapeurs-pompiers mobilisés dans une "lutte acharnée" contre les flammes, 42 ont été blessés et pris en charge dont neuf évacués, "tous en urgence relative", selon la préfecture.

Ces feux "hors normes" qui consument des pins de "25-30 mètres de haut" ont "énormément de potentiel calorifique" et créent "une colonne d'air chaud qui va monter dans l'atmosphère" et peut "changer la direction de l'incendie", a précisé samedi le lieutenant-colonel David Annotel samedi, pointant une "usure des hommes et des femmes" mobilisés sur le terrain.

"On est au bord de la rupture capacitaire", a-t-il dit.

TOPSHOT - A photograph taken on July 24, 2026 shows the entrance of the town of Biscarosse, southwestern France, with a sky turned hazy yellowish-grey by the smoke of a wildfire spreading through the surrounding forest.
L'entrée de la ville de Biscarosse, dans le sud-ouest de la France, avec un ciel opacifié par la fumée d'un incendie de forêt, le 24 juillet 2026
© AFP

"On n'avait jamais vu ça, un feu convectif (qui s'autoalimente, ndlr) de cette ampleur", avait auparavant commenté le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sur TF1. Il "aurait été provoqué par l'emploi d'une machine de débroussaillage", a confirmé vendredi le procureur de Bordeaux.

Evacuations dans les Landes

Au sud du bassin d'Arcachon, l'incendie qui a parcouru 3.000 hectares depuis jeudi soir près de Biscarrosse, dans les Landes, a également conduit à de nouvelles évacuations vendredi à mesure qu'il progressait.

Les quelque 8.000 habitants de Parentis-en-Born ont été évacués de façon préventive, après les 18.000 du bourg de Biscarrosse la veille, et la préfecture a pris une mesure similaire dans la soirée pour la commune de Sanguinet (5.000 habitants). En ajoutant les occupants de deux campings, environ 36.000 personnes sont concernées au total.

Un pompier arrose une zone brûlée à Cotignac, dans le Var, le 24 juillet 2026
Un pompier arrose une zone brûlée à Cotignac, dans le Var, le 24 juillet 2026
© AFP

Déclenché par l'incendie accidentel d'un véhicule jeudi après-midi, cet incendie, "très soudain, très violent, très rapide", a déjà détruit 110 à 120 habitations et bâtiments, selon un dernier bilan provisoire communiqué par le préfet.

Laurent Nuñez avait précisé vendredi matin que "32 feux (étaient) en cours" sur le territoire. En tout près de 98.000 hectares ont brûlés en France, un "record historique", annonce le ministre de l'Intérieur.

Un incendie qui a parcouru 600 hectares dans la nuit de vendredi à samedi dans le Tarn, sans faire de victimes, entraînant l'évacuation de 500 habitants de deux communes proches de Castres, a été fixé, a fait savoir la préfecture.

Dans le Var, les sapeurs-pompiers ont été confrontés vendredi à plusieurs reprises de l'incendie de Pontevès, au quatrième jour de leurs opérations, avec de nouveaux départs de feu dans une zone adjacente.

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