Début août, environ 3.800 cas confirmés et près de 1.700 décès avaient été recensés. La situation est complexe et plusieurs facteurs doivent être réunis pour parvenir à maîtriser l’épidémie.
Officiellement, il s’agit de la deuxième pire épidémie d’Ebola de l’histoire. Les raisons pour lesquelles un si grand nombre de cas ont été enregistrés en République démocratique du Congo sont multiples, explique Amrish Baidjoe de Médecins Sans Frontières :
"Une raison évidente est que l’épidémie n’a pas été détectée pendant très longtemps. Cela signifie que les cas ont pu se propager à travers tout le pays, voire au-delà des frontières, sans être détectés. Une autre raison est le problème de l’accès aux soins. Toutes les régions du pays ne disposent pas d’hôpitaux ou de médecins disponibles, équipés et formés pour prendre en charge Ebola."
À cela s’ajoutent les conflits armés en RDC, la méfiance envers le système de santé et le manque de financement :
"Il faut des personnes capables d’aller à la rencontre des communautés, qui les connaissent et peuvent parler avec elles, qui sont en mesure d’établir la confiance dans un pays affecté en permanence par des conflits. Un pays où les capacités sanitaires sont limitées et où de nombreuses autres maladies circulent également."
Le virus étant contagieux, les autorités ont recours, comme lors de la pandémie de Covid-19, au traçage des contacts et à la quarantaine. Mais cela nécessite également du personnel et des infrastructures :
"La seule manière de maîtriser l’épidémie est d'assurer que le personnel de santé puisse faire son travail, c’est-à-dire disposer du matériel et des équipements adéquats. Il faut aussi que du personnel médical soit présent sur des sites où les personnes présentant des symptômes peuvent se rendre."
Un financement est également nécessaire pour la recherche, afin de mener des études sur d’éventuels traitements ou vaccins. Il est par ailleurs important d’aller proactivement à la rencontre de la population, de l’informer sur les symptômes d’Ebola, pour détecter le virus le plus rapidement possible, et de lui dire quoi faire et de ne pas craindre de solliciter une aide médicale :
"Une grande partie du travail consiste aussi à aborder l’épidémie sous un angle humain et non à y répondre uniquement par des solutions techniques. C’est véritablement déterminant dans un type d’épidémie comme Ebola."
Il est toutefois conscient qu’il faudra encore du temps avant que la situation en République démocratique du Congo puisse être maîtrisée. Environ 1.400 collaborateurs de Médecins Sans Frontières sont actuellement mobilisés pour lutter contre l’épidémie d’Ebola.
Le travail de MSF n’est cependant possible que grâce aux dons privés. L’organisation lance donc un appel au public afin de poursuivre les dons, ce qui lui permettra de continuer à travailler là où son aide est nécessaire.