
Pour les écologistes, la réforme est trop coûteuse et manque de solidarité. Selon eux, le gouvernement s’apprête à mobiliser un milliard d’euros pour offrir un "cadeau électoral", sans que l’effet "plus de net sur le brut" ne profite réellement à l’ensemble de la population. La députée Sam Tanson pointe notamment l’analyse de la Chambre des salariés : "Le gros du coût de cette réforme – on le voit dans l’avis très détaillé de la CSL – ce sont des allégements pour le neuvième décile", c’est‑à‑dire les revenus parmi les plus élevés.
Interrogée sur le fait que le barème "U" proposé par Gilles Roth allège davantage les revenus élevés en valeur absolue, mais proportionnellement davantage les revenus modestes, Sam Tanson a tranché : "Avec des pourcentages, on ne peut rien acheter au supermarché".
Si les Verts soutiennent l’individualisation, le parti reconnaît comme d’autres que ce mécanisme remet en question la responsabilité légale d’un partenaire envers l’autre. Quant à l’abattement "petite enfance" pour les parents d’enfants jusqu’à 3 ans, proposé par le gouvernement, il ne compenserait pas suffisamment les effets de l’individualisation et ne bénéficierait qu’aux ménages ayant une charge fiscale.
Les écologistes demandent donc de remplacer cet abattement par un crédit d’impôt valable pour les enfants jusqu’à 18 ans. Le co‑président François Benoy souhaite également étendre ce crédit à d’autres prestations familiales.
Pour financer la réforme, le parti Déi Gréng propose d’introduire deux nouvelles tranches d’imposition à 43% et 44%, alors que le taux maximal actuel est de 42%. En 2017, la coalition bleu‑rouge‑verte avait déjà instauré deux tranches supplémentaires à 41% et 42%.
Le parti réclame aussi davantage d’ambition dans la réforme des impôts fonciers et de la taxe de mobilisation, ainsi que le retour d’un impôt sur la fortune pour les patrimoines élevés. Il souhaite également supprimer la demi‑imposition des dividendes et la défiscalisation des plus‑values sur actions après six mois.
En revanche, Déi Gréng ne demande ni impôt sur les successions en ligne directe, ni hausse de l’impôt de solidarité.
Selon Sam Tanson, une taxation plus forte des revenus du capital ne nuirait pas au modèle économique du pays : il s’agit d’une question de justice et de cohésion sociale. "Il est normal que chacun contribue – pas seulement ceux qui travaillent et font tourner le pays, alors que d’autres, mieux organisés, contribuent beaucoup moins", estime‑t‑elle.
Déi Gréng s’oppose également à la réduction de l’impôt des sociétés décidée par CSV et DP pour l’année prochaine. Le parti rappelle avoir accepté une baisse similaire durant la coalition bleu‑rouge‑verte, mais uniquement comme un "compromis", selon le conseiller communal vert de la capitale, Fabricio Costa. Aujourd’hui, les Verts préfèrent un soutien ciblé aux entreprises plutôt qu’une réduction généralisée.