Même en cas de venteGilles Roth confirme que l’État restera présent au capital de la BIL

Michèle Sinner
adapté pour RTL Infos
Le ministre des Finances ne souhaite pas commenter l’article du Financial Times. Gilles Roth a toutefois souligné que la BIL était une banque d’importance systémique au Luxembourg et que, à ce titre, l’État était solidaire de la BIL.
© René Pfeiffer (RTL)

La BIL vaudrait 2,5 milliards d’euros, selon le montant avancé par le Financial Times. Le quotidien rapporte que le groupe chinois Legend Holdings aurait mandaté la banque Goldman Sachs pour vendre sa participation de 90 % dans la BIL. L’État entend toutefois conserver ses 10 %. C’est ce qu’a indiqué le ministre des Finances Gilles Roth à RTL, tout en ajoutant qu’il ne pouvait pas commenter des articles de presse : "Mais ce que je peux dire, et je tiens à le dire, c’est que l’État restera actionnaire de la BIL. La participation de l’État ne sera pas vendue."

L’État assume ainsi ses responsabilités : "La BIL est une banque de premier plan au Luxembourg, qui compte 1.555 collaborateurs qui œuvrent dans l’intérêt du pays et de sa population. C’est une banque d’importance systémique et, à ce titre, l’État est solidaire de la BIL."

Lorsque Legend Holdings avait pris une participation dans la Banque internationale à Luxembourg en 2017, le gouvernement de l’époque avait négocié avec les nouveaux actionnaires le maintien du siège de la banque au Luxembourg et l’absence de plan social pendant au moins trois ans. Le gouvernement actuel souhaite-t-il des garanties similaires de la part d’éventuels nouveaux actionnaires ? Gilles Roth répond : "S’il devait y avoir une reprise, le nouvel actionnaire devrait de toute façon, sur le plan juridique, être approuvé par la Banque centrale européenne à Francfort. Il ne peut donc s’agir que d’une institution financière sérieuse, offrant également toutes les garanties nécessaires. Troisièmement, la BIL est une banque d’importance systémique au Luxembourg, une banque historique, et il va de soi que, le cas échéant, l’État pèsera de tout son poids pour garantir le maintien de ces emplois."

Si la BIL est la plus ancienne banque du Luxembourg, elle a connu plusieurs périodes mouvementées au cours des dernières décennies. Legend Holdings avait racheté sa participation à Precision Capital, une holding appartenant à la famille régnante du Qatar. Cette dernière avait réalisé une opération particulièrement lucrative lors de la vente. En 2012, Precision Capital avait déboursé environ 650 millions d’euros, sur un prix annoncé de 730 millions. En comptant les dividendes, elle avait réalisé avec la BIL une plus-value exonérée d’impôts de 1,1 milliard d’euros. C’est également à cette époque que l’État était entré au capital de la banque.

Auparavant, la BIL appartenait au groupe français Dexia, qui avait été sauvé pendant la crise financière de 2008 grâce à l’intervention des États français, belge et luxembourgeois. Selon les statistiques de la Banque nationale de Belgique, l’État luxembourgeois garantirait encore à l’heure actuelle quelque 160 millions d’euros de dettes de l’ancienne maison mère de la BIL.

La vente à Precision Capital, et notamment le prix auquel elle avait été conclue, avait valu de nombreuses critiques au ministre des Finances de l’époque, Luc Frieden. Après son retrait de la vie politique, ce dernier était devenu, en 2016, président du conseil d’administration de la BIL. Il a quitté cette fonction au printemps 2023 pour se présenter comme tête de liste du CSV aux élections législatives.

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