LuxembourgLes loyers exercent "une pression énorme" sur les ménages

Gaël Arellano
Les ménages consacrent une part de plus en plus importante de leurs revenus au logement. C'est d'autant plus vrai pour les locataires dont le taux d'effort n'a cessé d'augmenter ces 20 dernières années.
© Domingos Oliveira

Cela va faire quatre ans que le marché immobilier luxembourgeois est plongé dans la crise. Une crise qui a précipité la VEFA dans le gouffre et avec elle, l'espoir de voir de nouveaux logements érigés aux quatre coins du Grand-Duché. Un problème qui, contrairement aux croyances populaires, ne concerne pas que les promoteurs et les constructeurs du pays. Car si le Luxembourg ne construit plus, cela impacte forcément le marché de la location. Un marché qui, rappelons-le, était déjà sous tension fin 2022.

Aujourd'hui, on évoque la "rareté" des biens en location et la hausse des loyers qu'elle implique. Si cette hausse, d'année en année, est comparable au niveau de l'inflation, le taux d'effort, lui, n'a eu de cesse d'augmenter ces 20 dernières années. Une situation "corroborée par les statistiques", affirme Julien Licheron, chercheur de l'Observatoire de l'habitat dans l'émission "Paroles d'experts". D'après lui, certains ménages consacrent aujourd'hui entre "40 et 50% de leurs revenus aux dépenses de logement".

De quoi mettre le Luxembourg en haut de l'échelle européenne en la matière. "La hausse soutenue des loyers et la progression du taux d'effort mettent en difficulté un nombre croissant de ménages", peut-on lire dans la récente étude de l'Observatoire de l'habitat. Un constat partagé par Pierre Clément, directeur de Nexvia, cette semaine dans l'émission du groupe atHome. "Le niveau des loyers exerce une pression énorme sur les foyers", a-t-il déclaré.

Selon lui, c'est d'autant plus vrai pour les ménages qui vivent en périphérie de la capitale. Cela pour une raison très simple: le niveau des salaires est généralement moins élevé autour que dans Luxembourg-ville. Et ce n'est pas l'index qui changera la donne. Les mesures pour le logement, pour leur part, se font toujours attendre. Dans ce contexte, Julien Licheron rappelle néanmoins qu'il existe une contrainte tangible: celle du revenu des locataires "qui ne vont pas grimper jusqu'au ciel".

Il compte sur cette "force de rappel" pour que les "loyers ne dérapent pas" à court ou moyen terme. Néanmoins, sur le terrain, les acteurs du marché rapportent que certains propriétaires profitent de la situation pour trier les locataires au volet. "Nationalité, animaux, enfants... Ça me fait mal au cœur d'avoir à traiter avec des propriétaires qui disent 'niet' à tout, uniquement parce qu'ils ont peur pour leur bien", a déclaré Maurits Van Rijckevorsel, CEO de l'agence Van Maurits.

Une problématique à ajouter à toutes celles que l'on connaît déjà. Rappelons que le gouvernement luxembourgeois planche actuellement sur un nouveau paquet logement. On ne sait pas vraiment à quoi s'attendre si ce n'est à d'éventuelles mesures fiscales, comme l'a déclaré récemment la députée Sam Tanson dans l'émission RTL "La Bulle Immo". En attendant, la situation continue à se dégrader sur le marché du logement luxembourgeois. À tel point que l'attractivité du Luxembourg est de plus en plus régulièrement remise en question.

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