
Les avocats ont attribué la responsabilité de l’accident au seul sculpteur. Ils ont donc demandé l’acquittement de leurs clients, tout comme le substitut du parquet l’avait fait lui‑même dans son réquisitoire la semaine dernière.
Dans leurs plaidoiries respectives, les avocats ont toutefois aussi évoqué le changement de personnel intervenu au niveau du parquet dans ce dossier, et ont formulé des critiques à son égard. Le substitut du parquet qui était en charge du dossier avant l’audience aurait poursuivi toute personne ayant eu, de près ou de loin, un lien avec l’affaire, a affirmé Maître François Prüm, dont le client avait indiqué aux collègues du LCTO dans quel périmètre la sculpture pouvait être installée.
Mais le substitut qui a repris le dossier peu avant le procès a, lui, adopté une autre approche. Il a cherché à déterminer concrètement qui, parmi les prévenus, aurait pu prévoir l’accident et dont les actes présentaient un lien de causalité direct, comme il l’avait exposé la semaine dernière. Ces approches différentes expliquent pourquoi le parquet n’a requis la condamnation que de quatre des dix prévenus.
Ce serait cependant difficile à comprendre pour des non‑juristes, a regretté Maître Frank Rollinger. Son client travaille également au sein du Service Événements, fêtes et marchés de la Ville de Luxembourg. Il espère que la famille d’Emran, l'enfant décédé, ne ressentira pas comme une nouvelle perte, le fait que le parquet ait lui‑même requis de nombreux acquittements. Il a qualifié l’ancien substitut du parquet de "caïd".
Son successeur sur le dossier, a repris la parole après la défense mercredi. Il a utilisé un mètre pour montrer à quoi correspondent réellement 2,5 mètres de hauteur, et il s’est accroupi pour démontrer à quel point les enfants, qui pouvaient circuler librement près de la sculpture, étaient petits en comparaison. Il reste convaincu que l’ancien employé du LCTO, qui avait commandé la sculpture et connaissait sa hauteur prévue, aurait dû transmettre cette information aux agents communaux.
Le procès se poursuivra lundi prochain, car l’avocate des parties civiles, qui a essuyé de nombreuses critiques de la part de la défense ces derniers jours concernant ses demandes de dommages et intérêts, souhaite encore verser des pièces au dossier.