
SES n’est désormais plus seulement un opérateur de satellites, mais devient également un acteur industriel. Autrement dit, après plus de 40 ans, SES va désormais développer et produire elle-même des technologies satellitaires. Et ce, non pas au siège de l’entreprise au château de Betzdorf, mais à Kockelscheuer, dans un hall de production situé là où doit également voir le jour le Space Campus de l’État. Le gouvernement était donc lui aussi représenté lors de la cérémonie officielle.
Ce bâtiment devrait être achevé dès la fin de l’année 2027, soit dans moins d’un an et demi, promet l’entreprise de construction. Il abritera l’usine de satellites de SES à Kockelscheuer, sur le territoire de la commune de Roeser. SES ne se réinvente pas, mais élargit sa palette d’activités. Son directeur, Adel Al-Saleh, explique : "Cette évolution se fera en plusieurs étapes : dans un premier temps, il s’agit des équipements techniques que nous intégrons dans les satellites. À l’avenir, nous pourrons fabriquer nous-mêmes davantage de composants d’un satellite, cela dépendra également des marchés. Mais nous avons désormais le choix de produire des éléments nous-mêmes plutôt que de les acheter auprès d’autres fournisseurs."
Quelque 300 collaborateurs, parmi lesquels de nombreux ingénieurs hautement qualifiés et d’autres spécialistes, travailleront sur le site. Le premier satellite "Made in Luxembourg" devrait sortir de l’usine dès fin 2028.
Les activités de développement et de test ont déjà commencé dans un laboratoire provisoire. Les invités ont d’ailleurs pu les découvrir lors d’une présentation dont SES s’est montrée particulièrement fière. L’entreprise est impatiente de passer à l’étape suivante. Dans un secteur des satellites où la concurrence est féroce, rester au point mort revient à perdre du terrain. "Il est ici question d’innovation, de nouveaux talents et d’industrie au Luxembourg. C’est bien plus qu’un premier coup de pelle. C’est un nouveau chapitre de l’histoire du Luxembourg dans l’espace," souligne le Premier ministre, Luc Frieden.
Cette étape importante comporte bien sûr un volet commercial, puisqu’à l’avenir SES ne devra plus acheter tous ses satellites auprès d’autres fournisseurs. Mais elle revêt également une dimension stratégique pour le pays, comme l'explique le Premier ministre :
"Nous voudrions que le Luxembourg soit et reste un leader dans le domaine spatial. Nous voyons ce qui se passe aux États-Unis et, pour cette raison, l’Europe et le Luxembourg ont eux aussi besoin de leaders dans ce domaine. C’est important pour notre autonomie, qui doit être renforcée, particulièrement à l’heure actuelle. C’est également la raison pour laquelle j’ai participé au Space Summit à Paris il y a deux semaines. Nous voudrions que le Luxembourg joue un rôle majeur dans le spatial. Autrefois, il s’agissait de satellites diffusant des programmes de télévision. Demain, il s’agira aussi de communications sécurisées, indispensables à la défense. C’est pourquoi SES est une entreprise que nous soutenons, en tant que pays où elle est née, mais également en tant qu’actionnaire, afin de renforcer l’avenir du secteur satellitaire sur plusieurs orbites."
À Kockelscheuer, le Space Campus doit voir le jour sur le même site que SES. La vision de l’ancien Premier ministre Pierre Werner, sous l’impulsion duquel SES a été créée en 1985, entre ainsi dans une nouvelle phase : celle de satellites luxembourgeois.