Chambre des salariés"Si nous continuons à ce rythme, nous ne réussirons pas la transition socio-écologique"

Carine Lemmer
adapté pour RTL Infos
À la veille de la présentation du budget 2027, le directeur de la Chambre des salariés, Sylvain Hoffmann était l’invité de la rédaction de RTL mardi matin.
© Carine Lemmer

Interrogé sur les attentes de la Chambre des salariés par rapport au budget 2027, son directeur a indiqué en premier lieu le renforcement du volet social. Et Sylvain Hoffmann d'évoquer le Plan national de lutte contre la pauvreté, la transition écologique et surtout le logement. "Nous attendons davantage d’investissements dans le logement abordable." Du côté des recettes, la CSL souhaite davantage de justice fiscale

Le logement doit être une priorité

En ce qui concerne la construction de logements, le directeur de la Chambre des salariés admet que le gouvernement agit, "mais il faut toujours faire attention à la différence entre ce qui est annoncé et ce qui est finalement réalisé. Les annonces ne sont généralement pas très réalistes et, au final, on en fait moins que ce qui avait été annoncé." La crise du logement étant "particulièrement aiguë et grave", la CSL estime que les mesure annoncées ne suffiront pas.

Selon le directeur de la CSL, la priorité du gouvernement doit être d'investir dans l'avenir, mais les investissements de l'État ne suffiront toutefois pas à eux seuls, "ce n'est pas seulement une question budgétaire". Il faut également légiférer et modifier les lois nécessaires, afin de parvenir à maîtriser le problème du logement. Les logements vacants ou encore les terrains constructibles qui ne sont pas mis sur le marché constituent d’autres problèmes auxquels on ne s'est toujours pas attaqués. Quant à une augmentation de l’impôt foncier, cela fait longtemps qu’on n’en a plus entendu parler.

La transition écologique "progresse un peu lentement"

La CSL soutient les efforts du gouvernement visant à aider financièrement les citoyens dans cette transition. Mais les moyens prévus, par exemple, pour le leasing social d’une voiture électrique sont insuffisants. Selon le budget actuel, seules quelque 1.000 personnes par an pourraient en bénéficier. "Cela représente environ 2 % des nouvelles immatriculations. Si nous continuons à ce rythme, je pense que nous ne réussirons pas la transition socio-écologique", craint Sylvain Hoffmann.

Optimisme prudent concernant les finances publiques

En ce qui concerne les finances publiques en général, le Luxembourg reste globalement dans une bonne situation. "Si l’on regarde le niveau des dépenses publiques par rapport au PIB, nous sommes encore largement en dessous de la moyenne européenne, et également bien en dessous de nos pays voisins européens." Il faudra bien entendu garder un œil sur l’évolution des finances publiques, notamment sur les dépenses. Les crises de ces dernières années ont naturellement entraîné une hausse de celles-ci. "C'est normal", estime Sylvain Hoffmann, en soulignant que "ceux qui disent aujourd’hui qu’il faut faire attention et freiner les dépenses sont aussi ceux qui ont réclamé des aides, notamment pour les entreprises, ce qui était d’ailleurs une bonne chose".

Cette année, les recettes courantes seraient supérieures aux dépenses. Le déficit résulte des investissements. Or, selon le directeur de la CSL, il s’agit d’investissements dans l’avenir que l’on peut tout à fait se permettre.

La CSL entend également "prendre le ministre des Finances au mot lorsqu’il affirme que les investissements massifs dans la défense ne se feront pas au détriment de la politique sociale".

La CSL réclame davantage de justice fiscale

En ce qui concerne la réforme fiscale, la Chambre des salariés soutient le principe d’une classe d’impôt unique. Mais notre système ne serait pas équitable, les ménages payant davantage d’impôts que les entreprises.

La CSL souhaite un système fiscal plus juste, c'est-à-dire "un système dans lequel chacun contribue à son financement en fonction de ses capacités. C’est ce qu’on appelle la capacité contributive : plus je possède de ressources, plus mes revenus sont élevés, plus je suis en mesure de contribuer au financement du système et de générer des recettes pour l’État", explique le directeur de la CSL. Ce ne serait plus le cas au Luxembourg. Selon Sylvain Hoffmann, l’imposition des entreprises est trop faible et "ce n’est absolument pas le moment de la réduire davantage".

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