"Cela se produira plus souvent"Premières réactions des députés aux incidents liés aux drones

Pit Everling
Lynn Cruchten
adapté pour RTL Infos
Des drones survolant le Luxembourg suscitent l’inquiétude. Les autorités disposent encore de peu d’informations sur les circonstances de ces incidents et la communication s’est jusqu’à présent révélée sous-optimale.
© RTL

Concernant les récents incidents liés à des drones, la majeure partie de l’opposition a estimé jeudi, à l’issue d’une Conférence des présidents au cours de laquelle la Chambre a été informée des derniers développements, que tout ne s’est pas déroulé parfaitement. La réunion se tenait à huis clos. Peu de détails ont donc filtré.

La question se pose dès lors de savoir de quelles informations on dispose réellement.

"Quels types de drones ? Nous ne le savons pas. Combien de drones ? Nous ne le savons pas. D’où viennent ces drones ? Pourquoi étaient-ils là ? Nous ne le savons pas", estime le président du groupe parlementaire ADR, Fred Keup.

Disposer ou non d’informations est une chose, les communiquer au public en est une autre. Pour Taina Bofferding, présidente du groupe parlementaire LSAP, on est en tout cas loin d’une communication cohérente de la part des autorités :

"Et cela n’aide pas lorsque nous avons un chef d’état-major de l’armée qui dit que les gens n’ont pas à s’inquiéter et que l’intention est probablement aussi de semer le trouble. De l’autre côté, nous avons le HCPN (Haut-Commissariat à la protection nationale), qui pilote le dossier, mais qui reste complètement silencieux et ne fournit aucune information à ce sujet."

À ses yeux, les autorités ont néanmoins réagi de manière appropriée. Mais la question se pose plus généralement de savoir si le Luxembourg est suffisamment préparé à faire face à de telles menaces.

La députée des Gréng Sam Tanson s’interroge, dans ce contexte, sur la question des infrastructures critiques :

"Une grande part de la responsabilité est toutefois laissée à ces infrastructures, auxquelles on demande de veiller à pouvoir, le cas échéant, détecter ces drones et d’évaluer l’impact des drones sur ces infrastructures."

L'élu déi Lénk Marc Baum s’interroge plus généralement sur les capacités du Luxembourg à faire face aux menaces :

"Comment se fait-il qu’un Premier ministre, qui avait présenté au public avec tant d’insistance une stratégie de résilience, doive, quelques mois plus tard, se présenter devant ce même public et constater qu’en fait, notre pays n’est pas si résilient que cela ?"

En ce qui concerne concrètement les drones, le Luxembourg est en train de mettre en place des mécanismes de défense et souhaite acquérir le matériel nécessaire plus tôt que prévu, selon le gouvernement.

Le président du groupe parlementaire DP, Gilles Baum, estime qu’il faut s’adapter à cette nouvelle situation et que c’est précisément ce qui est en train d’être fait :

"C’est une situation à laquelle nous devrons peut-être nous habituer à l’avenir, que cela se produira plus souvent. Nous devons donc renforcer nos dispositifs afin de devenir plus résilients dans ce domaine. La police poursuit son travail et je pense qu’il faut aussi laisser la police faire son travail."

Le chef du groupe parlementaire CSV, Laurent Zeimet, partage un point de vue similaire et souligne qu’une intervention active aurait pu présenter des risques.

"Un drone que l’on abat finira forcément par tomber quelque part. Et nous ne parlons pas ici de petits drones de loisir utilisés par des particuliers, mais de drones plus imposants. Et lorsque l'un d'eux tombe, selon l’endroit où il s’écrase, il provoquera des dégâts."

Laurent Zeimet rejette par ailleurs les critiques concernant une mauvaise communication. Selon lui, celle-ci était adaptée à la situation.

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